Guide technique · Hydraulique

Pertes de charge : calcul des pertes linéaires et singulières

Dimensionner une pompe, équilibrer un réseau de chauffage ou choisir un diamètre de tuyauterie suppose de savoir calculer les pertes de charge. Ce guide couvre les deux familles — pertes linéaires (frottement) et singulières (coefficient K) — avec les formules, les valeurs de référence du Mémento d'Idel'cik, la rugosité des matériaux, le cas de l'aéraulique et un exemple chiffré complet.

Darcy-WeisbachIdel'cik·15 min de lecture·Mis à jour le
Sommaire de l'article
01

Qu'est-ce qu'une perte de charge ?

Une perte de charge est la diminution de pression que subit un fluide en mouvement à cause des frottements et des turbulences. C'est l'énergie mécanique dissipée — convertie en chaleur — entre l'entrée et la sortie d'un tronçon de réseau. On la note ΔP (en pascals) ou ΔH (en mètres de colonne d'eau).

Concrètement, c'est ce qui oblige à installer un circulateur ou une pompe : sans pertes de charge, un fluide circulerait indéfiniment sans apport d'énergie. La hauteur manométrique totale (HMT) d'une pompe n'est rien d'autre que la somme des pertes de charge du réseau qu'elle doit vaincre, à laquelle on ajoute la hauteur géométrique à élever.

D'où ça vient
  • Frottement fluide / paroi
  • Turbulences et décollements
  • Changements de direction
  • Obstacles et accidents
Unités usuelles
  • Pascal (Pa) — unité SI
  • 1 mbar = 100 Pa
  • 1 mCE ≈ 9 807 Pa
  • 1 bar = 100 000 Pa ≈ 10,2 mCE
À quoi ça sert
  • Choisir une pompe (HMT)
  • Dimensionner les diamètres
  • Équilibrer un réseau
  • Vérifier le NPSH
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Deux familles : linéaires et singulières

On distingue toujours deux types de pertes de charge, qui s'additionnent. C'est précisément le découpage retenu par le Mémento des pertes de charge d'Idel'cik, qui traite les pertes par frottement (chapitre II) puis les pertes singulières, accident par accident (chapitres III à XII).

Pertes linéaires

Frottement réparti tout le long des tronçons droits. Proportionnelles à la longueur du tube et à sa rugosité.

Aussi appelées : régulières

ΔP = λ·(L/D)·ρv²/2

Pertes singulières

Pertes ponctuelles aux accidents : coudes, tés, vannes, élargissements, clapets, entrées et sorties. Chacune a son coefficient K.

Aussi appelées : locales

ΔP = K·ρv²/2

03

Pertes linéaires : l'équation de Darcy-Weisbach

Les pertes par frottement dans un tronçon droit se calculent avec l'équation de Darcy-Weisbach, valable pour tous les fluides et tous les régimes :

ΔPlin = λ × (L / D) × (ρ × v² / 2)

ΔP : perte linéaire (Pa) · λ : coefficient de frottement · L : longueur (m) · D : diamètre intérieur (m) · ρ : masse volumique (kg/m³) · v : vitesse (m/s)

Tout le travail consiste à déterminer le coefficient de frottement λ (lambda), qui dépend du régime d'écoulement. On le caractérise par le nombre de Reynolds :

Re = (v × D) / ν

Re : nombre de Reynolds (sans dimension) · v : vitesse (m/s) · D : diamètre (m) · ν : viscosité cinématique du fluide (m²/s)

Selon la valeur de Re, deux cas se présentent :

  • Régime laminaire (Re en dessous de 2 300) : λ ne dépend que de Reynolds, par la relation exacte λ = 64 / Re.
  • Régime turbulent (Re au-dessus de 4 000, le cas courant des réseaux du bâtiment) : λ dépend à la fois de Reynolds et de la rugosité relative ε/D, via l'équation de Colebrook-White.
1 / √λ = −2 × log₁₀ ( ε / (3,7 × D) + 2,51 / (Re × √λ) )

ε : rugosité absolue de la paroi (m) · D : diamètre (m) · Re : nombre de Reynolds. Équation implicite : λ se trouve par itération (ou lecture sur le diagramme de Moody).

Comme l'équation de Colebrook est implicite (λ apparaît des deux côtés), on la résout par itérations. Pour un calcul à la main, on lui préfère souvent une forme explicite : l'approximation de Swamee-Jain donne λ directement, à environ 3 % près, pour 5 000 ≤ Re ≤ 10⁸ :

λ = 0,25 / [ log₁₀ ( ε / (3,7 × D) + 5,74 / Re⁰ᐟ⁹ ) ]²

Approximation de Swamee-Jain (1976) : forme explicite, sans itération. Précision ≈ 3 % vs Colebrook-White.

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La rugosité absolue des tuyaux

La rugosité absolue ε (epsilon) est la hauteur moyenne des aspérités de la paroi interne. C'est le seul paramètre « matériau » du calcul des pertes linéaires : plus la paroi est lisse, plus λ — et donc la perte de charge — est faible. Valeurs usuelles à l'état neuf :

Matériau de conduiteRugosité absolue ε (mm)
Cuivre écroui, laiton0,001 – 0,0015
PER, PB, multicouche (PE-X/Al)0,007
PVC, CPVC, PE lisse0,007 – 0,015
Acier étiré neuf0,045
Acier galvanisé0,15
Acier soudé rouillé, fonte0,25 – 1,0
05

Pertes singulières : le coefficient K

Chaque accident du réseau dissipe une fraction de la pression dynamique. Cette fraction est le coefficient de perte de charge singulière K (ζ chez Idel'cik), un nombre sans dimension :

ΔPsing = K × (ρ × v² / 2)

ΔP : perte singulière (Pa) · K : coefficient sans dimension · ρ : masse volumique (kg/m³) · v : vitesse de référence (m/s)

La valeur de K provient soit d'une formule analytique, soit d'une table expérimentale. Deux exemples fondamentaux issus d'Idel'cik :

  • Élargissement brusque (théorème de Borda-Carnot) : K = (1 − (D₁/D₂)²)², rapporté à la vitesse dans la section étroite. Une sortie de conduite dans un grand volume est le cas limite D₂ → ∞, soit K = 1 exactement.
  • Diaphragme à bord vif : K = (1 + 0,707·√(1 − m) − m)² / m², avec m = (d/D)². Le K s'envole dès que l'orifice se referme (≈ 30 pour d/D = 0,5).
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Valeurs du coefficient K (d'après Idel'cik)

Voici les ordres de grandeur des coefficients K des singularités les plus courantes, tirés du Mémento d'Idel'cik. Notre calculateur de pertes de charge singulières reprend ces familles d'accidents et recalcule K à partir de la géométrie saisie.

FamilleSingularitéK (ζ)Réf.
CoudesCoude arrondi 90° (R/D = 1)0,21diag. 6.1
Coude arrondi 90° (R/D = 1,5)0,17diag. 6.2
Coude arrondi 90° (R/D = 2)0,15diag. 6.2
Coude brusque (onglet) 90°≈ 1,2diag. 6.7
SectionsÉlargissement brusque(1 − (D₁/D₂)²)²diag. 4.1
Rétrécissement brusque (vers petit Ø)0,3 – 0,5diag. 3.9
Diaphragme d/D = 0,5≈ 30éq. 4.26
Diaphragme d/D = 0,7≈ 4,3éq. 4.26
Entrées / sortiesEntrée à bord vif0,5diag. 3.9
Entrée arrondie (r/D ≥ 0,15)≈ 0,05diag. 3.4
Entrée saillante (tube rentrant, Borda)1,0ch. III
Sortie de conduite vers réservoir1,0Borda
TésTé — passage direct0,35 – 0,6ch. VII
Té — dérivation (piquage à 90°)1,3 – 1,5ch. VII
VannesVanne opercule grande ouverte0,15ch. IX
Vanne opercule à moitié fermée≈ 4,5ch. IX
Vanne papillon ouverte≈ 0,3ch. IX
Clapet anti-retour à battant≈ 2,0ch. IX
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Influence du nombre de Reynolds sur K

On présente souvent le coefficient K comme une constante. C'est vrai en régime turbulent pleinement développé (grands Reynolds), là où la plupart des tables sont établies. Mais Idel'cik insiste sur un point souvent oublié : K augmente quand le nombre de Reynolds diminue.

Autrement dit, à faible débit ou avec un fluide visqueux (eau glycolée, eau froide), une même singularité freine davantage. Le Mémento fournit, pour de nombreux accidents, un facteur correctif kRe appliqué au K nominal. En pratique :

  • Pour les réseaux d'eau courants (Re supérieur à 10⁴), les valeurs nominales du tableau s'appliquent directement.
  • Pour les très petits diamètres, les faibles vitesses ou les fluides épais, comptez une marge — le K réel peut être supérieur de 20 à 50 %.
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Calculer un réseau complet : méthode et exemple

La perte de charge totale d'un tronçon est la somme des deux contributions. La démarche tient en cinq étapes.

  1. 1

    Calculer la vitesse

    À partir du débit Q et du diamètre intérieur D : v = Q / S, avec S = π·D²/4. C'est la grandeur centrale de tout le calcul.

  2. 2

    Déterminer λ

    Calculer Reynolds (Re = v·D/ν), puis λ par 64/Re (laminaire) ou Colebrook / Swamee-Jain (turbulent).

  3. 3

    Pertes linéaires

    Appliquer Darcy-Weisbach sur chaque longueur droite : ΔP = λ·(L/D)·ρ·v²/2.

  4. 4

    Pertes singulières

    Sommer les K de tous les accidents (ΣK), puis ΔP = ΣK·ρ·v²/2.

  5. 5

    Total et conversion

    Additionner en pascals, puis convertir en mbar ou mCE pour la HMT de la pompe.

Exemple chiffré

Tronçon de chauffage en cuivre Ø intérieur 26 mm, eau à 60 °C (ρ ≈ 983 kg/m³, ν ≈ 0,474·10⁻⁶ m²/s), débit 1 m³/h, longueur 10 m, avec 4 coudes 90° (R/D = 1,5), 2 vannes à opercule ouvertes et 1 té de passage.

Section : S = π·0,026²/45,31·10⁻⁴ m²
Vitesse : v = (1/3600) / S≈ 0,52 m/s
Pression dynamique : ρ·v²/2≈ 135 Pa
Reynolds : Re = v·D/ν≈ 28 700 (turbulent)
Frottement (Colebrook)λ ≈ 0,024
Pertes linéaires : λ·(L/D)·135≈ 1 240 Pa
ΣK = 4×0,17 + 2×0,15 + 0,35= 1,33
Pertes singulières : 1,33 × 135≈ 180 Pa
Perte totale≈ 1 420 Pa ≈ 14 mbar

Calculez vos pertes de charge en ligne

Coefficient K par singularité, ou perte de charge totale (linéaire + singulière) d'un réseau.

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09

La méthode des longueurs équivalentes

Pour un calcul rapide, on remplace chaque singularité par une longueur de tube droit équivalente Lₑ qui provoquerait la même perte. Le réseau devient alors une seule longueur fictive sur laquelle on applique Darcy-Weisbach.

Le = K × D / λ

Lₑ : longueur équivalente (m) · K : coefficient de la singularité · D : diamètre (m) · λ : coefficient de frottement

En ordre de grandeur, un coude à 90° équivaut à environ 30 diamètres de tube droit (soit ≈ 0,8 m en Ø 26, ≈ 1,5 m en Ø 50). Une vanne grande ouverte ajoute quelques diamètres, un té de dérivation beaucoup plus.

En avant-projet, une majoration forfaitaire des pertes linéaires, souvent de 10 à 15 %, tient parfois lieu de calcul des singularités. C'est un usage de conception, pas une prescription normative, et il devient imprécis dès que le réseau compte beaucoup de vannes. En eau sanitaire, la NBN EN 806-3 applicable en Belgique choisit les diamètres d'après les unités de charge, sur des tableaux établis pour des vitesses maximales : sa méthode simplifiée ne demande pas de calcul accident par accident. Pour la part linéaire, notre abaque de perte de charge linéaire donne J (Pa/m) diamètre par diamètre avec la rugosité réelle du tube.

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Le cas de l'aéraulique (ventilation)

Les mêmes formules s'appliquent aux réseaux d'air — c'est d'ailleurs l'une des vocations premières du Mémento d'Idel'cik. Les coefficients K sont identiques pour l'air et pour l'eau (ils sont sans dimension) ; seule change la masse volumique : ρ ≈ 1,2 kg/m³ pour l'air contre 1 000 kg/m³ pour l'eau. La pression dynamique étant bien plus faible, les pertes en gaine se chiffrent en pascals par mètre, pas en mètres de colonne d'eau.

En ventilation mécanique (système D double flux, CTA), le Guide Bâtiment Durable de Bruxelles Environnement recommande une perte de charge linéique de 0,5 Pa/m, et jamais plus de 1 Pa/m par tronçon. Les vitesses d'air sont plafonnées pour limiter le bruit. Repères du même guide pour un logement (tableau du CSTC), vitesse recommandée puis maximale :

  • Conduit terminal, jusqu'à la bouche : 1,5 m/s, 2 m/s au plus.
  • Conduit traversant une zone occupée : 3 m/s, 4 m/s au plus.
  • Conduit principal hors zone occupée : 4 m/s, 6 m/s au plus.

Pour dimensionner les conduits d'air, utilisez notre calculateur de conduit aéraulique (débit, section et pertes de charge).

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Vitesses recommandées & bonnes pratiques (eau)

Comme les pertes croissent avec le carré de la vitesse, le choix du diamètre (qui fixe la vitesse pour un débit donné) est déterminant. Repères belges pour les réseaux d'eau du bâtiment :

RéseauVitesseSource
Eau sanitaire : conduites collectives, colonnes montantes, conduites d'étage2 m/s au plusNBN EN 806-3
Eau sanitaire : conduite individuelle (un seul appareil)4 m/s au plusNBN EN 806-3
Chauffage et refroidissement : Ø jusqu'au DN 200,4 m/sBruxelles Environnement
Chauffage et refroidissement : Ø inférieur au DN 1001,0 m/sBruxelles Environnement
Chauffage et refroidissement : Ø inférieur au DN 1501,5 m/sBruxelles Environnement
Chauffage et refroidissement : Ø à partir du DN 1502,0 m/sBruxelles Environnement

La NBN EN 806-3 ne fixe pas de vitesse minimale. Mais un diamètre trop généreux allonge le séjour de l'eau dans les conduites : les prescriptions techniques de Belgaqua (article 8) demandent d'éviter la stagnation de l'eau potable, qui dégrade sa qualité.

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Erreurs fréquentes

01. Confondre vitesse de référence

Le coefficient K se rapporte à une vitesse précise (section étroite pour un élargissement, conduite pour un diaphragme). Appliquer la mauvaise vitesse fausse tout le résultat.

→ Risque : ΔP sur- ou sous-estimée d'un facteur 2 à 10

02. Oublier les pertes singulières

Ne calculer que les tronçons droits et négliger coudes, vannes, réductions et appareils traversés (compteur, clapet anti-retour, filtre), qui peuvent dominer sur un réseau court et accidenté.

→ Risque : Pompe sous-dimensionnée, débit insuffisant

03. Négliger la viscosité réelle du fluide

Eau chaude, eau glycolée et eau froide n'ont pas la même viscosité : le nombre de Reynolds et donc λ en dépendent directement.

→ Risque : λ et pertes linéaires faussés

04. Sommer des pertes en mauvaises unités

Mélanger Pa, mbar, mCE et bar dans une même addition est une source d'erreur classique. On reste en pascals jusqu'au résultat final.

→ Risque : HMT de pompe incohérente

Les 5 points clés à retenir

  • Deux familles — Pertes linéaires (frottement le long des tubes) + pertes singulières (accidents : coudes, vannes, tés…).
  • Même moteur — Toutes deux s'écrivent à partir de la pression dynamique ρ·v²/2.
  • Coefficient K — Chaque singularité possède un K (ζ) tabulé, rapporté à une vitesse de référence donnée.
  • Darcy-Weisbach — Les pertes linéaires se calculent avec λ, déterminé par Colebrook (ou Swamee-Jain) selon Reynolds et la rugosité.
  • Total = somme — La perte totale du réseau est la somme des deux contributions, en pascals, avant conversion.
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Questions fréquentes (FAQ)

Quelle est la différence entre perte de charge linéaire et singulière ?

Les pertes linéaires (ou régulières) sont dues au frottement réparti tout le long des tubes droits ; elles croissent avec la longueur. Les pertes singulières (ou locales) sont dues aux accidents ponctuels du réseau — coudes, tés, vannes, élargissements. Les deux s'additionnent pour donner la perte de charge totale.

Comment convertir une perte de charge en mCE, mbar ou bar ?

1 mbar = 100 Pa ; 1 mCE (mètre de colonne d'eau) ≈ 9 807 Pa ≈ 98 mbar ; 1 bar = 100 000 Pa ≈ 10,2 mCE. Pour passer des pascals aux mètres de colonne d'eau, divisez par 9 807.

Quelle vitesse d'eau dans une canalisation ?

En eau sanitaire, la NBN EN 806-3 fonde ses tableaux de diamètres sur 2 m/s au plus dans les conduites collectives, les colonnes montantes et les conduites d'étage. Elle admet 4 m/s dans une conduite qui n'alimente qu'un appareil. En chauffage, le Guide Bâtiment Durable de Bruxelles Environnement donne des vitesses de référence croissant avec le diamètre, de 0,4 m/s jusqu'au DN 20 à 2 m/s à partir du DN 150.

Combien représentent les pertes singulières dans une installation ?

Cela dépend du tracé. Sur un tronçon long et peu accidenté, elles restent minoritaires : 13 % dans l'exemple chiffré de ce guide. Sur un réseau court et chargé en coudes, vannes et réductions (local technique, sous-station), elles peuvent dépasser les pertes linéaires. Ne calculer que les pertes linéaires sous-estime donc la perte totale.

Comment calculer la HMT d'une pompe à partir des pertes de charge ?

La hauteur manométrique totale (HMT) est la somme de toutes les pertes de charge du circuit (linéaires + singulières) au débit nominal, augmentée de la hauteur géométrique à élever. On reporte ensuite ce couple débit / HMT sur la courbe de la pompe pour choisir le modèle.

Le coefficient K dépend-il du débit ?

Oui, indirectement. En régime turbulent pleinement développé, K est quasi constant. Mais à faible nombre de Reynolds (faible débit, fluide visqueux), il augmente. Pour les tés, K dépend en plus de la répartition des débits entre la branche et le passage.

Les coefficients K s'appliquent-ils à l'air comme à l'eau ?

Oui : K est un nombre sans dimension. Le Mémento d'Idel'cik couvre indifféremment liquides et gaz. Seule la masse volumique ρ change dans ΔP = K·ρ·v²/2 — environ 1 000 kg/m³ pour l'eau, 1,2 kg/m³ pour l'air.

Quelle perte de charge maximale admissible ?

Il n'y a pas de valeur absolue : la perte de charge dimensionne la pompe ou le ventilateur. Le Guide Bâtiment Durable de Bruxelles Environnement recommande 0,5 Pa/m dans les conduits de ventilation, jamais plus de 1 Pa/m, et 50 à 100 Pa/m dans les conduites de chauffage. En eau sanitaire, il doit rester au moins 100 kPa d'écoulement au point de puisage (NBN EN 806-3).

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Références & documentation

  • I. E. Idel'cik — Mémento des pertes de charge

    Référence mondiale des coefficients de pertes de charge singulières et par frottement (Eyrolles / Handbook of Hydraulic Resistance). Source des valeurs de ce guide.

    Ouvrage de référence
  • Équation de Darcy-Weisbach

    Formule fondamentale des pertes de charge régulières (linéaires) dans une conduite.

    Formule normalisée
  • Colebrook-White & Swamee-Jain

    Détermination du coefficient de frottement λ en régime turbulent (diagramme de Moody, forme explicite Swamee-Jain).

    Régime turbulent
  • NBN EN 806-3:2006

    Installations d'eau destinée à la consommation humaine à l'intérieur des bâtiments, partie 3 : dimensionnement, méthode simplifiée. Vitesses maximales de 2 et 4 m/s, pression d'écoulement minimale de 100 kPa.

  • Bruxelles Environnement — Guide Bâtiment Durable (ventilation)

    « Méthode de dimensionnement à vitesse constante » (mise à jour du 19/01/2016) : vitesses d'air recommandées et maximales, tableau du CSTC ; perte de charge linéique de 0,5 Pa/m, 1 Pa/m au plus.

    Référence belgeConsulter la fiche
  • Bruxelles Environnement — Guide Bâtiment Durable (chauffage)

    « Dimensionner les conduites pour diminuer les pertes de charge » (mise à jour du 02/04/2019) : 50 à 100 Pa/m et vitesses de référence par diamètre.

    Référence belgeConsulter la fiche