Colebrook · NBN EN 806-3

Perte de charge linéaire d'une canalisation

Abaque calculé
un diamètre v = 2 m/s tube retenu
0,050,10,20,512510205010051020501002005001 k2 k5 k10 kDébit Q (m³/h)Perte de charge J (Pa/m)DN 15DN 20DN 25DN 32DN 40DN 50DN 65DN 80DN 100DN 125DN 150DN 200DN 250v = 2 m/s

Courbes calculées par Colebrook-White avec la rugosité du tube, pour le fluide et la température saisis : les mêmes valeurs que le tableau.

Résolution numérique
Paramètres de la canalisation
°C
Données d'entrée

Remplissez l'une des deux options pour calculer :

m³/h
l/s
m/s
Longueur du tronçon · option

Renseignez la longueur pour obtenir la perte de charge totale (J × L) en plus de la perte unitaire.

m
Résultats
Renseignez un débit ou une vitesse ci-dessus : le tableau des diamètres, vitesses et pertes de charge s'affichera ici.

Perte de charge linéaire par diamètre commercial, calculée par Darcy-Weisbach et Colebrook-White avec la rugosité réelle du tube, et contrôle des vitesses maximales de la NBN EN 806-3.

Mis à jour le

Calculer la perte de charge linéaire d'une canalisation

En plomberie, la conception d'un réseau de distribution d'eau passe par une maîtrise des pertes de charge. Elles représentent la diminution de la pression de l'eau due aux frottements dans les canalisations : plus le tube est long, étroit ou rugueux, et plus l'eau circule vite, plus la pression chute entre le compteur et le point de puisage. Cet outil donne, pour chaque diamètre commercial du matériau choisi, la vitesse et la perte de charge par mètre, et repère le plus petit diamètre qui respecte la vitesse maximale de la NBN EN 806-3.

La base : Darcy-Weisbach et Colebrook-White

La perte de charge linéaire J se calcule par l'équation de Darcy-Weisbach, qui fait intervenir un coefficient de frottement λ. En régime turbulent, ce coefficient est donné par l'équation de Colebrook-White, qui tient compte de la rugosité réelle de la paroi et du nombre de Reynolds :

Darcy-Weisbach — perte de charge par mètre

J = λ ×
ρ × V²2 × D

J : perte de charge linéaire (Pa/m) · λ : coefficient de frottement (sans unité) · ρ : masse volumique (kg/m³) · V : vitesse (m/s) · D : diamètre intérieur (m)

Colebrook-White — coefficient de frottement

1√λ
=−2 log(
ε3,71 × D
+
2,51Re × √λ
)

ε : rugosité absolue de la paroi (m) · D : diamètre intérieur (m) · Re = ρ × V × D / μ : nombre de Reynolds. Équation implicite en λ, résolue par dichotomie ; en régime laminaire (Re ≤ 2 300), λ = 64/Re. La constante s'écrit 3,7 ou 3,71 selon les ouvrages : l'écart sur λ reste inférieur à 0,1 %.

La rugosité dépend du matériau : c'est elle qui fait qu'un tube multicouche perd moins qu'un tube acier de même diamètre intérieur. L'outil applique la rugosité du matériau choisi :

MatériauRugosité k (mm)Usage courant
Tube acier0,10 à 0,15Colonnes techniques, réseaux anciens ; sensible à la corrosion et à l'entartrage
Tube fonte0,25Réseaux anciens ou enterrés ; rugosité la plus élevée du catalogue
Tube cuivre0,01Distribution sanitaire traditionnelle ; paroi lisse
PE-X0,007Distribution en pieuvre depuis un collecteur ; très lisse
PP PN160,007Colonnes et distribution en polypropylène
Multicouche0,0004 à 0,007Selon fabricant ; parmi les parois les plus lisses du marché

Méthode de calcul pas à pas, avec exemple

  1. Déterminez la vitesse V à partir du débit du tronçon et de la section intérieure du tube : V = Q / S, avec S = π × D² / 4. Le calculateur fait cette conversion pour tous les diamètres du matériau choisi.
  2. Vérifiez la vitesse : elle doit rester sous le maximum de la NBN EN 806-3 (voir ci-dessous), sinon prenez le diamètre supérieur.
  3. Calculez λ puis J par Colebrook-White et Darcy-Weisbach, avec la rugosité du tube et les propriétés du fluide à sa température.
  4. Multipliez par la longueur du tronçon : ΔP = J × L, puis ajoutez les pertes singulières et celles des appareils pour obtenir la perte de charge totale du parcours.

Exemple : 1,2 m³/h d'eau à 10 °C dans une conduite collective en cuivre. Le tube 15 × 1,0 donnerait 2,51 m/s, au-delà des 2 m/s admis : on retient le 18 × 1,0 (Ø intérieur 16 mm), où l'eau circule à 1,66 m/s. La perte de charge vaut J ≈ 2 330 Pa/m (environ 237 mmCE/m), soit 0,28 bar sur 12 m. Pour une conduite qui ne dessert qu'un appareil, la limite de 4 m/s admettrait le 15 × 1,0 (2,51 m/s).

Vitesses maximales de la NBN EN 806-3

La vitesse de l'eau ne doit pas être trop élevée : au-delà, elle génère du bruit, des coups de bélier et une érosion des parois. Les tableaux de diamètres de la NBN EN 806-3 reposent sur deux plafonds :

  • 2,0 m/s dans les conduites collectives, les colonnes montantes et les conduites d'étage ;
  • 4,0 m/s dans une conduite individuelle, qui n'alimente qu'un seul appareil.

La norme ne fixe pas de vitesse minimale. Mais un diamètre trop généreux allonge le temps de séjour de l'eau, et les prescriptions techniques de Belgaqua demandent d'éviter la stagnation de l'eau potable (article 8). Le tableau de résultats surligne donc le plus petit diamètre admissible, qui est aussi le plus économique. Sur un circuit de chauffage ou d'eau glacée, où l'enjeu est la consommation du circulateur, Bruxelles Environnement recommande des vitesses plus basses et une perte de charge de 50 à 100 Pa/m.

Ne pas oublier : pertes singulières et appareils

La perte de charge linéaire J × L ne représente qu'une partie de la chute de pression totale. Il faut y ajouter les pertes de charge singulières des coudes, tés, réductions, vannes et clapets, évaluées par coefficients ζ (ΔP = ζ × ρV²/2) ou par longueurs équivalentes, et la perte propre des appareils traversés : compteur, clapet anti-retour EA imposé à l'entrée de l'installation, réducteur de pression, adoucisseur, filtre (valeurs des fabricants). Pour les chiffrer, utilisez nos outils Pertes de charge singulières et Perte de charge totale d'un réseau.

Comment ce calcul est vérifié

Le moteur de cet outil est couvert par une suite de 20 tests automatisés, adossés à des références externes plutôt qu'à ses propres sorties.

  • Colebrook est résolu une seconde fois, indépendamment du moteur. Sur le cuivre, l'acier, le PE-X et la fonte, les deux résolutions donnent la même perte de charge à 0,5 % près.
  • Deux formules publiées servent de contrôle. L'approximation de Swamee et Jain (1976) retrouve la perte de charge de l'acier à moins de 2 %. En écoulement laminaire, celui d'un glycol froid à faible débit, la loi de Hagen-Poiseuille est retrouvée à moins de 3 %.
  • L'exemple chiffré de cette page est recalculé à chaque test, vitesse et perte de charge comprises. Le tube retenu est bien le plus petit diamètre qui reste sous 2 m/s.
  • L'abaque affiche les valeurs du tableau. Chaque point des courbes est contrôlé contre le calcul du tableau, et le repère de vitesse tombe exactement à 2 ou 4 m/s.
  • Les saisies incomplètes ne produisent aucun tableau. Une température, un fluide ou un débit manquant, une rugosité nulle ou négative : l'outil n'affiche rien plutôt qu'une colonne de zéros.

Références

  • NBN EN 806-3:2006 — Spécifications techniques relatives aux installations d'eau destinée à la consommation humaine à l'intérieur des bâtiments, partie 3 : dimensionnement, méthode simplifiée. Source des vitesses maximales de 2 et 4 m/s et de la pression d'écoulement minimale de 100 kPa. Fiche Buildwise.
  • Buildwise (B. Bleys), « Dimensionnement des conduites d'eau dans les installations sanitaires », CSTC-Contact 2020/6 : démarche complète (débits de pointe, pression disponible, tracé le plus défavorable).
  • Belgaqua, Prescriptions techniques — Installations intérieures, répertoire 2025, article 8 (stagnation de l'eau potable) et article 5 (clapet EA à l'entrée de l'installation).
  • Bruxelles Environnement, Guide Bâtiment Durable — « Dimensionner les conduites pour diminuer les pertes de charge », mise à jour du 2 avril 2019 (circuits de chauffage et de refroidissement).
  • C. F. Colebrook, « Turbulent flow in pipes, with particular reference to the transition region between the smooth and rough pipe laws », Journal of the Institution of Civil Engineers, 1939.
  • L. F. Moody, « Friction factors for pipe flow », Transactions of the ASME, vol. 66, 1944.
  • P. K. Swamee, A. K. Jain, « Explicit equations for pipe-flow problems », Journal of the Hydraulics Division (ASCE), vol. 102, 1976.
  • CRC Handbook of Chemistry and Physics : masse volumique et viscosité dynamique de l'eau et des mélanges glycolés.

Questions fréquentes (FAQ)