Dimensionnement d'une pompe à chaleur air-eau
Estimation volumique (ventilation incluse). Pour une étude pièce par pièce, utilisez l'outil Déperditions thermiques (NBN EN 12831-1) puis reportez le résultat dans « Déperditions connues ».
θe de votre commune : annexe nationale (ANB:2020) ou outil Buildwise Heatload. Les repères ne valent pas pour toutes les communes (Ardenne plus froide).
Le COP générique s'adapte automatiquement à ce régime
Puissance calorifique et COP de la fiche technique, au régime d'eau ci-dessus. Les points −7 et +2 °C sont pré-remplis à partir du point nominal +7 °C (allure générique inverter) tant que vous ne les modifiez pas.
Hypothèses : marche mini 6 min · ΔT 5 K · dégivrage 12 L/kW.
Résultats du dimensionnement
Déperditions du bâtiment à la température extérieure de base de votre commune, courbe de la machine selon la NBN EN 14825, point de bivalence, puissance d'appoint, SCOP saisonnier estimé avec les degrés-jours de l'IRM et volume du ballon tampon : la chaîne complète de dimensionnement d'une pompe à chaleur air-eau.
Mis à jour le
Bien dimensionner une pompe à chaleur air-eau
La pompe à chaleur air-eau remplace de plus en plus souvent la chaudière au mazout ou au gaz, en rénovation comme en construction neuve. Mais une PAC ne se choisit pas comme une chaudière : sa puissance diminue quand il fait froid, précisément au moment où les besoins du bâtiment augmentent. Le dimensionnement consiste à croiser ces deux courbes.
La courbe de la machine face à la droite de déperditions
Les déperditions d'un bâtiment croissent linéairement quand la température extérieure baisse, jusqu'à leur maximum à la température extérieure de base de la commune, fixée par l'annexe nationale belge de la NBN EN 12831-1. À l'inverse, la puissance calorifique d'une pompe à chaleur air-eau chute avec la température d'air. Les constructeurs la déclarent aux points normalisés de la NBN EN 14825 : −7 °C, +2 °C, +7 °C et +12 °C, pour chaque température d'eau (35, 45, 55 °C). L'intersection des deux courbes est le point de bivalence : en dessous, l'appoint électrique complète la machine.
La règle des 70 à 100 %
Le bon dimensionnement mono-énergétique vise une machine couvrant 70 à 100 % des déperditions à la température de base, la règle courante des 80 % en étant le cas central. L'appoint ne fournit alors que quelques pourcents de l'énergie annuelle — les pointes de froid sont rares — tandis que la machine module confortablement le reste de la saison. Surdimensionner « pour être tranquille » est contre-productif : cycles courts, usure du compresseur, COP dégradé et surcoût à l'achat.
Quelle puissance de pompe à chaleur pour 100, 120 ou 150 m² ?
C'est la question la plus posée, et elle n'a pas de réponse au seul mètre carré : à surface égale, une maison non isolée demande près de quatre fois et demie la puissance d'une maison très basse énergie. L'abaque ci-dessous donne la puissance de chauffage à couvrir — c'est-à-dire les déperditions du bâtiment — par la méthode volumique P = G × V × ΔT, pour une hauteur sous plafond de 2,5 m, une température intérieure de 20 °C et une température extérieure de base de −7 °C, le repère de Bruxelles et du calcul indicatif flamand. Ces valeurs sont calculées par le moteur de l'outil lui-même.
| Surface habitable | Existant non isolé (maçonnerie nue, simple vitrage)G = 1,8 | Existant partiellement isolé (toiture + double vitrage)G = 1,1 | Isolation moyenne (murs, toiture, double vitrage)G = 0,85 | Bien isolé (neuf PEB récent)G = 0,55 | Très basse énergie / passifG = 0,4 |
|---|---|---|---|---|---|
| 80 m² | 9,7 kW | 5,9 kW | 4,6 kW | 3 kW | 2,2 kW |
| 100 m² | 12,2 kW | 7,4 kW | 5,7 kW | 3,7 kW | 2,7 kW |
| 120 m² | 14,6 kW | 8,9 kW | 6,9 kW | 4,5 kW | 3,2 kW |
| 150 m² | 18,2 kW | 11,1 kW | 8,6 kW | 5,6 kW | 4,1 kW |
| 180 m² | 21,9 kW | 13,4 kW | 10,3 kW | 6,7 kW | 4,9 kW |
| 200 m² | 24,3 kW | 14,9 kW | 11,5 kW | 7,4 kW | 5,4 kW |
Comment s'en servir. La valeur lue est la puissance que l'installation doit couvrir à −7 °C. La pompe à chaleur se choisit ensuite à 70 à 100 % de cette valeur, l'appoint électrique intégré assurant le complément lors des pointes de froid. Si la température de base de votre commune est plus basse, la puissance monte proportionnellement à l'écart de température : à −10 °C au lieu de −7 °C, l'écart passe de 27 à 30 K, soit +11 % de puissance pour le même bâtiment. C'est ce que fait le calculateur en haut de page avec la valeur que vous saisissez.
Les ordres de grandeur se recoupent avec ceux que Bruxelles Environnement publie pour ses formations : 120 à 180 W/m² pour un bâtiment existant d'avant la PEB, 20 à 40 W/m² en très basse énergie, 10 à 30 W/m² en passif. À −7 °C et 2,5 m sous plafond, le niveau « non isolé » de l'abaque donne 122 W/m² et le niveau « très basse énergie », 27 W/m².
Le coefficient G se lit sur le niveau d'isolation ou, mieux, se déduit d'un certificat PEB ou d'un audit. C'est la donnée d'entrée la plus sensible de toute la chaîne : 10 % d'erreur sur G, c'est 10 % d'erreur sur la puissance finale. Pour un dimensionnement contractuel, les déperditions s'établissent pièce par pièce selon la NBN EN 12831-1 et son annexe nationale, avec notre outil de déperditions thermiques.
Climat belge : température de base de l'ANB et degrés-jours de l'IRM
Deux données climatiques entrent dans le calcul, et elles n'ont ni la même source ni le même usage. La température extérieure de base fixe la puissance à couvrir. Les degrés-jours décrivent la saison entière : ils répartissent les heures de chauffe pour estimer le SCOP et l'énergie fournie par l'appoint.
| Repère | Valeur | Portée et source |
|---|---|---|
| Flandre — calcul indicatif EPB | θe = −7 °C | Valeur forfaitaire unique, quelle que soit la commune flamande, du calcul indicatif joint à la startverklaring et à l'EPC Bouw depuis le 1/1/2026. Ce calcul ne remplace pas un dimensionnement détaillé. Vlaams Energie- en Klimaatagentschap (VEKA) |
| Bruxelles (1000) — ANB:2020 | θe = −7 °C | Valeurs de l'annexe nationale pour la commune de Bruxelles (code postal 1000), telles qu'affichées par l'outil Buildwise dans la formation de Bruxelles Environnement. Une autre commune peut avoir une θe plus basse (Ardenne notamment) : vérifiez-la dans l'ANB. Bruxelles Environnement |
| Bruxelles (INS 21004) | 1 838,1 DJ 15/15 | Normale 1991-2020 de l'IRM. Institut royal météorologique (IRM) |
| Uccle (station IRM) | 1 835,2 DJ 15/15 | Normale 1991-2020 de l'IRM. Institut royal météorologique (IRM) |
La température de base est une saisie. L'annexe nationale NBN EN 12831-1 ANB:2020 la fixe commune par commune, mais c'est une norme payante : l'outil ne la reproduit pas et ne la devine pas. L'outil Heatload de Buildwise l'affiche dès qu'on choisit la commune. Les deux repères du tableau valent pour leur portée exacte : l'Ardenne, en particulier, a une température de base plus basse que Bruxelles.
Les degrés-jours doivent porter leur base. L'IRM publie pour chaque commune les degrés-jours 15/15 : le cumul des écarts entre 15 °C et la moyenne du jour, les jours où elle est plus basse. Le secteur du gaz suit la convention 16,5/16,5 de Synergrid, mesurée à Uccle. L'outil accepte les deux : il convertit les degrés-jours en heures de chauffe dans la base indiquée. Pour Bruxelles, 1 838,1 degrés-jours 15/15 et une température de base de −7 °C donnent 6 575 heures de chauffe.
Monovalent, mono-énergétique, bivalent : choisir le mode de fonctionnement
Le point de bivalence n'a de sens que rapporté au mode de fonctionnement retenu. Quatre montages coexistent sur le marché, et ils ne se dimensionnent pas de la même façon.
Monovalent
La machine assure seule 100 % des besoins jusqu'à la température de base, sans aucun appoint. Il n'y a alors pas de point de bivalence. Réservé aux bâtiments bien isolés : ailleurs, la machine devient trop grosse pour la mi-saison et cycle.
Mono-énergétique
La machine est complétée par l'appoint électrique qui lui est intégré : une seule énergie, l'électricité. C'est le montage le plus répandu en maison individuelle et le mode par défaut de cet outil. Le point de bivalence se situe typiquement entre −2 et −7 °C.
Bivalent alternatif
Sous le point de bivalence, la pompe à chaleur s'arrête et un second générateur — le plus souvent la chaudière conservée — prend seul le relais. Simple à réguler, mais la machine ne produit plus rien pendant les périodes froides.
Bivalent parallèle
Les deux générateurs fonctionnent ensemble sous le point de bivalence, la chaudière ne fournissant que le complément. La pompe à chaleur continue de travailler, ce qui améliore la couverture annuelle, au prix d'une régulation plus fine et d'un régime d'eau à surveiller.
Ce que cela change au dimensionnement. En monovalent, la machine doit à elle seule couvrir 100 % des déperditions à la température de base — c'est la vérification que l'outil applique quand vous choisissez ce mode. En mono-énergétique, elle peut être bien plus petite : l'outil calcule alors la puissance d'appoint électrique à prévoir, arrondie au kilowatt supérieur. En bivalent, la logique est la même que le mono-énergétique, mais le complément vient d'une autre énergie : renseignez le mode mono-énergétique et lisez la puissance de complément comme celle à demander au second générateur.
Et l'eau chaude sanitaire dans tout ça ?
Beaucoup de calculateurs ajoutent d'office 1 à 3 kW « pour l'eau chaude sanitaire ». En maison individuelle équipée d'un ballon de stockage, cette majoration n'a pas lieu d'être, et c'est le choix retenu ici : la production d'eau chaude est décalée dans le temps. La régulation bascule en priorité eau chaude, interrompt le chauffage pendant la charge du ballon — vingt à quarante minutes — puis reprend. L'inertie du bâtiment absorbe sans difficulté cette interruption, et les deux besoins ne se cumulent donc jamais à la pointe.
La majoration se justifie en revanche dans trois cas : une production sans stockage suffisant (instantanée ou semi-instantanée), des besoins simultanés élevés (logement collectif, hôtellerie, grande famille avec puisages concentrés), ou un ballon très volumineux qu'il faut recharger dans un créneau tarifaire contraint. Dans ces situations, le poste eau chaude relève d'un calcul propre — nombre d'occupants, volume de puisage, temps de remontée en température — qui sort du cadre de cet outil.
Deux points de vigilance restent valables quel que soit le montage. D'abord, la machine doit pouvoir atteindre la température du ballon : produire de l'eau à 55 ou 60 °C par temps froid dégrade fortement le COP, et certaines machines basse température n'y parviennent qu'avec leur appoint électrique. Ensuite, l'eau chaude sanitaire pèse sur la consommation annuelle sans peser sur la puissance : le SCOP estimé par cet outil est un SCOP de chauffage, pas un rendement global de l'installation.
La méthode de calcul, pas à pas
L'outil enchaîne cinq calculs, chacun documenté dans la note de calcul PDF exportable. Comprendre cette chaîne vous permet de défendre le résultat face à un client, un bureau d'études ou un installateur :
- Les déperditions à la température de base. Soit vous les connaissez (calcul NBN EN 12831-1, étude thermique), soit l'outil les estime par la méthode volumique P = G × V × ΔT, où G est un coefficient de déperditions global (ventilation incluse) choisi selon le niveau d'isolation : 1,8 W/(m³·K) pour une maison non isolée, 0,4 en très basse énergie.
- La courbe de la machine. À partir des trois points NBN EN 14825 saisis (−7, +2, +7 °C), l'outil reconstruit par interpolation la puissance calorifique et le COP à n'importe quelle température extérieure, au régime d'eau choisi, en s'appuyant sur un point de contrôle calculé à +12 °C pour la plage douce. Le point +2 °C intègre déjà la pénalité de givrage et de dégivrage, la plage la plus critique des pompes à chaleur air-eau.
- Le point de bivalence. La droite de besoin du bâtiment (maximale à θbase, nulle à 16 °C selon la NBN EN 14825) croise la courbe de la machine : en dessous de cette température, l'appoint complète. L'outil en déduit la puissance d'appoint électrique à prévoir, arrondie au kilowatt supérieur.
- Le SCOP saisonnier localisé. La saison de chauffe est découpée en classes de 1 °C (méthode des bins, celle-là même de la NBN EN 14825), pondérées par une monotone climatique calibrée sur les degrés-jours de votre commune, dans leur base. Dans chaque classe : COP interpolé, dégradation de cyclage sous le taux de modulation minimal (Cdh = 0,9), appoint à COP 1. Le rapport besoin annuel sur électricité consommée donne le SCOP de votre installation, dans votre climat, souvent différent du SCOP catalogue mesuré sur le climat moyen européen.
- Le ballon tampon. Deux exigences dimensionnantes : garantir le temps de marche minimal du compresseur (V = P × t / (cp × ΔT)) et constituer la réserve d'énergie des dégivrages (10 à 20 L/kW). L'outil retient le maximum des deux, déduit le volume du réseau toujours irrigué, et arrondit à la taille commerciale supérieure.
Savoir lire la fiche technique d'une pompe à chaleur
Le piège classique : la « puissance commerciale » du modèle. Une « PAC 11 kW » délivre 11 kW… à +7 °C extérieur. Par −7 °C, il en reste souvent 7 à 8 ; par grand froid, parfois moins de 65 %. Voici comment décoder les données constructeur :
- A−7/W35, A+2/W55… : « A » est la température d'air extérieur, « W » celle de l'eau produite. Les performances chutent quand A baisse et quand W monte (environ −2,5 % de COP par degré d'eau supplémentaire). Saisissez toujours les points au régime d'eau réel de vos émetteurs.
- COP (NBN EN 14511) : rendement instantané en un point d'essai. Utile pour tracer la courbe, mais ne dit rien de la saison entière.
- SCOP et ηs (NBN EN 14825) : rendement saisonnier, intégrant charge partielle, cyclage et appoint, sur un climat conventionnel (« moyen » = Strasbourg). C'est lui que retiennent l'étiquette énergie et les conditions de primes : ηs ≈ SCOP / 2,5.
- Pdesign et Tbiv déclarés : la puissance de conception et le point de bivalence retenus par le fabricant pour l'essai NBN EN 14825, à comparer à ceux de votre projet, calculés par l'outil.
- Plage de modulation : une machine inverter qui module de 30 à 100 % cycle beaucoup moins qu'une machine à deux étages. Le taux de modulation minimal alimente directement le calcul de dégradation par cyclage.
SCOP, ηs et primes régionales
Le SCOP (coefficient de performance saisonnier, NBN EN 14825) rapporte l'énergie de chauffage fournie sur la saison à l'électricité consommée. L'étiquette énergie affiche son équivalent ηs (efficacité énergétique saisonnière, ηs ≈ SCOP / 2,5), défini par le règlement européen d'écoconception 813/2013. Le SCOP déclaré est mesuré pour le « climat moyen » européen : votre SCOP réel dépend de votre climat, du régime d'eau et du taux de couverture, et c'est ce que l'outil estime par la méthode des bins.
Les aides à l'achat sont régionales. L'outil n'en contrôle aucune : le tableau ci-dessous résume leur état à la date de vérification, avec le lien vers la page officielle.
| Région | Aide et état au 25/10/2026 |
|---|---|
| Flandre | Mijn VerbouwPremie (warmtepomp). Ouverte pour une PAC air/eau neuve installée ou validée par un installateur certifié RESCert, seule centrale de chauffage, au label européen A+ ou mieux, avec une température d'émission de 55 °C au plus. Montant selon la catégorie de revenus ; montants des catégories 1 et 2 réduits pour les demandes depuis le 1er mars 2026. vlaanderen.be |
| Wallonie | Primes Habitation, puis système de prêts. Le régime temporaire des primes Habitation (PAC comprises, audit logement préalable) a pris fin le 30 septembre 2026. Depuis le 1er octobre 2026, un système d'aides basé sur des prêts le remplace (Société wallonne du Crédit social, Fonds du Logement des Familles nombreuses de Wallonie). wallonie.be |
| Bruxelles-Capitale | Primes RENOLUTION et prêt Ecoréno. Aucune décision gouvernementale sur des primes RENOLUTION 2025 ou 2026 : aucune demande ne peut être introduite pour une facture de solde datée de 2025 ou 2026. Le prêt Ecoréno peut financer une pompe à chaleur. be.brussels |
Conditions lues sur les pages officielles le 25/10/2026. Les aides changent souvent : vérifiez-les avant de signer un devis. L'outil ne contrôle aucune condition d'éligibilité.
Les erreurs de dimensionnement les plus courantes
Dimensionner « au m² »
« 100 W/m² » ne veut rien dire : entre une maison très basse énergie et une maison non isolée, l'abaque de cette page montre un rapport de 1 à 4,5 à surface égale. Seules les déperditions à la température de base, isolation et climat compris, fondent un dimensionnement.
Surdimensionner « par sécurité »
L'erreur la plus chère du marché : la machine cycle toute la mi-saison, use son compresseur, dégrade son COP réel et coûte plus cher à l'achat. L'appoint électrique bien dimensionné couvre les pointes rares pour quelques dizaines d'euros par an.
Ignorer le régime d'eau
Un COP de catalogue mesuré à W35 ne dit rien d'une installation en radiateurs 55 °C : comptez environ −2,5 % de COP par degré d'eau supplémentaire. Saisir les points au bon régime change nettement le SCOP estimé.
Prendre la température de base d'une autre commune
L'annexe nationale donne une température de base par commune. Celle de Bruxelles ne vaut pas pour un village de l'Ardenne, plus froid : la même maison y demande davantage de puissance, et la machine en délivre moins.
Négliger le volume d'eau
Robinets thermostatiques fermés = débit effondré = compresseur qui démarre et s'arrête en boucle. Sans ballon tampon ni volume minimal garanti, la durée de vie de la machine se compte en années, pas en décennies.
Confondre COP et SCOP
Un COP de 4,8 affiché en vitrine (à +7 °C, eau à 35 °C) peut correspondre à un SCOP réel bien plus bas en radiateurs 55 °C par climat froid. Le seul chiffre qui prédit la facture, c'est le SCOP saisonnier localisé, comme l'estime cet outil.
Le ballon tampon : petit organe, grande longévité
Anti-court-cycle
Un compresseur doit tourner au minimum 5 à 10 minutes par cycle. Quand les robinets thermostatiques se ferment, le volume d'eau irrigué chute : le tampon garantit l'inertie nécessaire. V = P × t / (cp × ΔT), soit environ 10 à 20 L par kW.
Réserve de dégivrage
Entre 0 et +7 °C, l'évaporateur givre : la machine inverse son cycle et puise l'énergie de dégivrage… dans le circuit de chauffage. Sans volume suffisant, l'eau se refroidit brutalement (inconfort, sécurité basse pression).
Série ou découplage ?
En série sur le retour (2 piquages) : simple et suffisant pour l'anti-court-cycle. En découplage (4 piquages) : nécessaire avec plusieurs circuits régulés, mais attention au mélange qui dégrade le régime d'eau.
Quand s'en passer ?
Plancher chauffant intégralement irrigué (sans têtes thermostatiques) : le volume et l'inertie de la dalle suffisent généralement. Vérifiez le volume minimal exigé par le constructeur de la machine.
L'abaque ci-dessous donne le volume d'eau requis et la taille de ballon retenue selon la puissance de la machine et la durée de marche minimale visée, pour un écart de température de 5 K et une réserve de dégivrage de 12 L/kW. Il est produit par le moteur de l'outil, avec la même formule que le calculateur.
| Puissance PAC | 5 min de marche | 6 min de marche | 10 min de marche |
|---|---|---|---|
| 6 kW | 86 Lballon 100 L | 103 Lballon 150 L | 172 Lballon 200 L |
| 8 kW | 115 Lballon 150 L | 138 Lballon 150 L | 229 Lballon 300 L |
| 10 kW | 143 Lballon 150 L | 172 Lballon 200 L | 287 Lballon 300 L |
| 12 kW | 172 Lballon 200 L | 206 Lballon 300 L | 344 Lballon 500 L |
| 14 kW | 201 Lballon 300 L | 241 Lballon 300 L | 401 Lballon 500 L |
| 16 kW | 229 Lballon 300 L | 275 Lballon 300 L | 459 Lballon 500 L |
| 20 kW | 287 Lballon 300 L | 344 Lballon 500 L | 573 Lballon 800 L |
Ces volumes sont ceux à garantir au total : le volume d'eau déjà présent dans le réseau toujours irrigué vient s'en déduire. C'est pourquoi un plancher chauffant complet dispense souvent du ballon, là qu'une installation en radiateurs zonés le rend indispensable.
Petit glossaire de la pompe à chaleur air-eau
| Terme | Définition |
|---|---|
| θbase (θe) | Température extérieure de base : la température la plus froide « conventionnelle » de la commune, fixée par l'annexe nationale NBN EN 12831-1 ANB:2020, pour laquelle le chauffage doit couvrir 100 % des besoins. |
| COP | Coefficient de performance instantané (NBN EN 14511) : kW de chaleur produits par kW électrique absorbé, en un point d'essai donné (ex. A+7/W35). |
| SCOP | COP saisonnier (NBN EN 14825) : moyenne pondérée sur toute la saison de chauffe, charge partielle, cyclage et appoint compris. |
| ηs (étas) | Efficacité énergétique saisonnière de l'étiquette énergie : ηs ≈ SCOP / 2,5 (règlement (UE) n° 813/2013). |
| Point de bivalence | Température extérieure en dessous de laquelle la machine ne couvre plus seule les déperditions : l'appoint complète. |
| Mono-énergétique | Pompe à chaleur + appoint électrique intégré (une seule énergie). Monovalent : machine seule. Bivalent : machine + autre générateur (chaudière conservée). |
| Coefficient G | Déperditions globales du bâtiment par m³ chauffé et par degré d'écart, ventilation comprise, en W/(m³·K). Base de la méthode volumique P = G × V × ΔT. |
| Degrés-jours | Cumul annuel des écarts entre une température de base et la moyenne de chaque jour, les jours où celle-ci est plus basse : base 15 °C pour les normales de l'IRM (15/15), 16,5 °C pour Synergrid. C'est l'indicateur de rigueur climatique qui calibre l'estimation saisonnière. |
| Cyclage | Marche/arrêts répétés du compresseur quand le besoin descend sous sa puissance minimale de modulation : usure et COP dégradé (coefficient Cdh = 0,9 dans la NBN EN 14825). |
| Loi d'eau | Régulation qui abaisse la température de départ d'eau quand il fait doux dehors : moins de degrés inutiles, meilleur COP réel. |
Comment ce calcul est vérifié
Le moteur de cet outil est couvert par une suite de 60 tests automatisés construite sur des références externes, et non sur ses propres sorties.
- Les deux abaques publiés sur cette page sont produits par le calculateur lui-même. Chaque case est comparée au résultat que renvoie l'outil pour la même saisie. Plusieurs cases sont en outre recalculées indépendamment du moteur.
- Le point de bivalence est résolu à rebours. À la température annoncée, la puissance de la machine et le besoin du bâtiment sont recalculés séparément, à partir de la seule fiche technique : ils se rejoignent à moins de 0,05 kW près.
- Les degrés-jours sont convertis dans leur base. L'écart moyen qui transforme les degrés-jours en heures de chauffe est recalculé par intégration numérique, en base 15, 16,5 et 18 °C : les deux calculs coïncident.
- La couverture annuelle est recoupée avec Énergie+. Énergie+ annonce 80 à 90 % du besoin annuel couvert par la PAC quand la bivalence est placée à 50 % de la puissance de conception. L'outil donne 83,8 % à −7 °C et 84,3 % à −10 °C.
- Le ballon tampon est comparé à la règle professionnelle. Le raccourci « 14 × puissance × durée / ΔT » est le même calcul, chaleur massique de l'eau arrondie : l'écart mesuré est de 2,3 %.
- Les saisies dégradées ne produisent jamais de résultat trompeur. Champ vide, degrés-jours absents, base incohérente, COP inférieur à 1 : l'outil refuse de calculer ou affiche une erreur explicite. Aucune valeur n'est jamais
NaN.
Références
- NBN EN 14825 — Climatiseurs, groupes refroidisseurs de liquide et pompes à chaleur : essais et détermination des caractéristiques à charge partielle et calcul de la performance saisonnière. Source des points de performance (−7, +2, +7, +12 °C), de la méthode des bins, du coefficient de dégradation par cyclage Cdh = 0,9 et de la fin de chauffage à 16 °C.
- NBN EN 12831-1:2017 et son annexe nationale NBN EN 12831-1 ANB:2020 — méthode de calcul de la charge thermique nominale ; l'annexe fixe la température extérieure de base de chaque commune (fiche Buildwise, accès après connexion).
- Buildwise, Heatload — Manuel utilisateur v1 (mars 2026) — outil de calcul des déperditions selon la NBN EN 12831-1 ANB:2020, qui affiche les températures de la commune choisie (PDF).
- VEKA, EPB-pedia — « Warmteverliesberekening » (consulté le 25/10/2026) — calcul indicatif flamand des déperditions depuis le 1/1/2026, à −7 °C et 20 °C (vlaanderen.be).
- Bruxelles Environnement, formation Bâtiment durable « Chauffage et eau chaude sanitaire : conception » (printemps 2025) — valeurs de l'ANB pour Bruxelles et ordres de grandeur de puissance surfacique (PDF).
- IRM — statistiques climatiques des communes belges et normales d'Uccle (normales 1991-2020, consultées le 25/10/2026) — degrés-jours 15/15 (meteo.be).
- Synergrid — définitions des statistiques — degrés-jours 16,5/16,5 du secteur du gaz, mesurés à Uccle (PDF).
- Règlement (UE) n° 813/2013 de la Commission du 2 août 2013 — exigences d'écoconception des dispositifs de chauffage des locaux. Définit l'efficacité énergétique saisonnière ηs et le coefficient de conversion de 2,5.
- Énergie+ (energieplus-lesite.be) — « Régulation des pompes à chaleur ». Modes monovalent, bivalent alternatif et parallèle, et couverture annuelle en bivalence parallèle.
- Primes régionales (consultées le 25/10/2026) — Mijn VerbouwPremie (vlaanderen.be), primes Habitation et système de prêts (wallonie.be), primes RENOLUTION et prêt Ecoréno (be.brussels).
- Dimensionne le chauffage, pas l'eau chaude sanitaire. La puissance calculée est celle des déperditions du bâtiment. En maison individuelle avec ballon de stockage, c'est la bonne base : la production d'eau chaude est décalée dans le temps et ne se cumule pas à la pointe. Pour une production sans stockage ou des puisages simultanés élevés, ajoutez un calcul d'eau chaude sanitaire distinct.
- Le climat est une saisie. L'outil ne contient pas les températures de base de l'annexe nationale (norme payante) : saisissez celle de la commune, lue dans l'ANB ou dans l'outil Heatload. Les repères proposés (−7 °C) valent pour Bruxelles et pour le calcul indicatif flamand, pas pour toutes les communes.
- Le SCOP affiché est une estimation locale, pas la valeur d'étiquette. Il repose sur une monotone de chauffe simplifiée, calibrée sur les degrés-jours saisis : la dernière demi-classe (15,5 à 16 °C) n'est pas comptée, soit environ 4 % des heures pour un besoin négligeable. Le SCOP de la fiche NBN EN 14825 reste la valeur à produire pour une prime.
- La courbe de la machine est une donnée d'entrée. L'outil ne contient pas de catalogue constructeur : il interpole les trois points de performance que vous saisissez, au régime d'eau de vos émetteurs. Les valeurs préremplies décrivent une machine inverter générique et servent à cadrer un avant-projet, pas à valider un modèle précis.
- Les primes ne sont pas vérifiées par l'outil. L'encart régional est daté du 25/10/2026 ; aucune condition d'éligibilité (label, installateur certifié, revenus) n'est contrôlée.
Questions fréquentes
Il n'existe pas de réponse au seul mètre carré : entre une maison très basse énergie et une maison non isolée, la puissance varie de 1 à 4,5 pour la même surface. Sur l'abaque de cette page, calculé à −7 °C extérieur et 20 °C intérieur, 120 m² demandent 3,2 kW en très basse énergie, 4,5 kW pour une maison bien isolée, 6,9 kW en isolation moyenne et 14,6 kW pour une maison non isolée.
Cette puissance est celle des déperditions du bâtiment. La pompe à chaleur, elle, se choisit ensuite à 70 à 100 % de cette valeur, l'appoint électrique couvrant les quelques heures les plus froides de l'année.
La méthode volumique donne P = G × V × ΔT : G est le coefficient de déperditions global du bâtiment en W/(m³·K), ventilation comprise (1,8 pour une maison non isolée, 0,85 en isolation moyenne, 0,4 en très basse énergie) ; V le volume chauffé (surface × hauteur sous plafond) ; ΔT l'écart entre la température intérieure visée et la température extérieure de base de la commune.
Exemple : 120 m² sous 2,5 m de plafond en isolation moyenne, à Bruxelles (température de base −7 °C) pour 20 °C intérieurs, soit 0,85 × 300 × 27 = 6 885 W, environ 6,9 kW. Pour un dimensionnement contractuel, ces déperditions s'établissent pièce par pièce selon la NBN EN 12831-1 et son annexe nationale.
Dans l'annexe nationale belge de la norme de calcul des déperditions, la NBN EN 12831-1 ANB:2020. Elle fixe une température extérieure de base par commune, mais c'est une norme payante : l'outil ne la reproduit pas et vous demande de saisir la valeur. L'outil Heatload de Buildwise l'intègre et l'affiche quand on choisit la commune.
Deux repères sont proposés à côté du champ. La Flandre retient −7 °C partout pour le calcul indicatif joint à la startverklaring depuis le 1er janvier 2026, en précisant qu'il ne remplace pas un dimensionnement détaillé. Pour la commune de Bruxelles (1000), l'outil Buildwise affiche −7 °C. Une commune de l'Ardenne a une température de base plus basse : vérifiez-la.
La normale de votre commune. L'IRM publie pour chaque commune belge les degrés-jours 15/15 de la période 1991-2020 : 1 838,1 pour Bruxelles, par exemple. Le secteur du gaz naturel suit une autre convention, les degrés-jours 16,5/16,5 de Synergrid, mesurés à Uccle.
Indiquez toujours la base avec la valeur : à nombre égal, des degrés-jours en base 15 décrivent un hiver plus long qu'en base 16,5. L'outil convertit les degrés-jours en heures de chauffe dans la base choisie avant de répartir la saison en classes de température.
C'est la température extérieure en dessous de laquelle la pompe à chaleur ne couvre plus seule les besoins du bâtiment : l'appoint prend le relais en complément. Graphiquement, c'est l'intersection entre la droite des déperditions du bâtiment et la courbe de puissance de la machine, qui décroît quand il fait froid.
Un point de bivalence entre −2 et −7 °C est un bon compromis. Sur le cas type de cette page, à Bruxelles, une machine couvrant 80 % de la puissance à la température de base assure encore 99,5 % de l'énergie annuelle, et l'appoint travaille environ 150 heures par an.
Viser 70 à 100 % des déperditions à la température de base est la pratique du dimensionnement mono-énergétique, l'appoint électrique intégré couvrant le complément. La règle courante des 80 % en est le cas central.
La raison est que les pointes de froid sont rares : le calcul de cette page montre qu'une machine couvrant 80 % de la puissance assure encore plus de 99 % de l'énergie annuelle, et qu'à 60 % de couverture il reste plus de 95 %. Surdimensionner « par sécurité » coûte à l'achat, fait cycler le compresseur toute la mi-saison et dégrade le COP réel.
En maison individuelle avec ballon de stockage, non : la production d'eau chaude est décalée dans le temps. La régulation bascule en priorité eau chaude, interrompt le chauffage pendant la charge du ballon, puis reprend — l'inertie du bâtiment absorbe cette interruption de vingt à quarante minutes. La puissance de dimensionnement reste celle des déperditions.
La majoration de 1 à 3 kW que l'on lit souvent vise deux cas particuliers : les productions sans stockage suffisant, et les besoins simultanés élevés (logement collectif, grande famille, forte demande en heures de pointe). Cet outil dimensionne le chauffage ; il n'ajoute pas de part eau chaude sanitaire.
Monovalent : la pompe à chaleur assure seule 100 % des besoins jusqu'à la température de base, sans aucun appoint. Mono-énergétique : la pompe à chaleur est complétée par l'appoint électrique qui lui est intégré — une seule énergie, l'électricité. C'est le montage le plus répandu en maison individuelle, et le mode par défaut de cet outil.
Bivalent : la pompe à chaleur travaille avec un second générateur d'une autre énergie, le plus souvent une chaudière conservée. En bivalent alternatif, la chaudière prend seule le relais sous le point de bivalence ; en bivalent parallèle, les deux fonctionnent ensemble.
Deux exigences dimensionnent le ballon : garantir une durée de marche minimale au compresseur (V = P × t / (cp × ΔT)) et constituer la réserve d'énergie des dégivrages, comptée de 10 à 20 litres par kilowatt. On retient le maximum des deux, puis on déduit le volume d'eau du réseau toujours irrigué.
Sur l'abaque de cette page, à ΔT de 5 K, une machine de 10 kW demande 143 litres pour 5 minutes de marche minimale et 287 litres pour 10 minutes. Un plancher chauffant intégralement irrigué, sans têtes thermostatiques, apporte souvent l'essentiel de ce volume : renseignez-le dans l'outil pour le vérifier.
Elles sont régionales et changent souvent. Au 25/10/2026 : en Flandre, la Mijn VerbouwPremie finance une PAC air/eau neuve au label A+ ou mieux, avec une émission à 55 °C au plus et un installateur certifié RESCert. En Wallonie, le régime temporaire des primes Habitation a pris fin le 30 septembre 2026 ; un système de prêts l'a remplacé le 1er octobre 2026.
À Bruxelles, aucune décision n'a été prise sur des primes RENOLUTION 2025 ou 2026 ; le prêt Ecoréno peut financer une pompe à chaleur. L'outil ne contrôle aucune condition d'éligibilité : le SCOP saisi sert seulement à comparer la fiche technique au SCOP estimé sur site.
Oui : les machines récentes fonctionnent jusqu'à −20 voire −25 °C. Mais leur puissance chute — souvent 60 à 70 % de la puissance nominale dès −7 °C, moins encore en dessous — et leur COP descend vers 1,8 à 2,2.
C'est précisément pour cela que le dimensionnement se fait à la température de base de la commune, et non à la puissance commerciale annoncée à +7 °C. Un appoint bien calibré, sollicité quelques dizaines d'heures par an, prend le relais lors des pointes de froid.
Pour aller plus loin