ÉlectricitéNBN EN 60038 · Synergrid C1/107

Conversion kVA / kW et calcul de puissance triphasée

Convertissez des kVA en kW (et l'inverse) sur un réseau 3N × 400 V, 3 × 230 V ou monophasé 230 V, et obtenez les puissances active, réactive et apparente ainsi que le courant par ligne. Outil 100 % gratuit.

Mis à jour le

Paramètres du réseau
Renseignez le réseau et une grandeur connue — le calcul réagit en direct.

Réseau

triphasé avec neutre : 400 V entre lignes, 230 V entre ligne et neutre.

V

Entre ligne et neutre : 231 V

0,85

≈ 1 résistif / LED · 0,85 moteur en charge · 0,7 moteur à vide.

cos φ

Le seuil dépend de votre GRD et de votre raccordement : reportez-le depuis sa grille tarifaire. Exprimé en tan φ, il se convertit par cos φ = 1 / √(1 + tan²φ).

Grandeur connue

A
Puissance apparente
22,17kVA

Puissance qui dimensionne câbles, transformateur et raccordement, pour 32,0 A sur un réseau 3N × 400 V.

Active P18,84 kW
Réactive Q11,68 kVAr
Courant I32,0 A
Triangle des puissancesφ = 31,8°
φ = 31,8°P = 18,84 kWQ = 11,68 kVArS = 22,17 kVA

S = √(P² + Q²) · l'angle φ traduit le déphasage courant/tension.

Analyse des puissances

GrandeurValeur
Puissance apparente S22,170 kVA
Puissance active P18,845 kW
Puissance réactive Q11,679 kVAr
Courant de ligne I32,00 A
Puissance par ligne (P / 3)6,282 kW
Tension entre ligne et neutre U₀230,9 V
sin φ0,527
tan φ0,620
Déphasage φ31,8°
P = √3 × U × I × cos φ= 1,732 × 400 × 32,0 × 0,85 = 18,84 kW

Convertir des kVA en kW en triphasé

C'est la question la plus fréquente devant une plaque de transformateur, un groupe électrogène ou un raccordement, et la réponse tient en une ligne : seul le cos φ sépare les deux unités. Le facteur √3 n'intervient pas dans cette conversion. Il ne sert qu'en amont, pour relier la puissance apparente au couple tension-courant (S = √3 × U × I) ; une fois les kVA connus, la conversion vers les kW est identique en monophasé et en triphasé.

Conversion dans les deux sens

P = S × cos φ·S = P / cos φ

S : puissance apparente (kVA) · P : puissance active (kW) · cos φ : facteur de puissance, entre 0 et 1 — 1 pour un récepteur résistif, 0,80 par défaut sur une installation mixte

Le tableau ci-dessous donne, pour des puissances apparentes courantes, la puissance active correspondante à quatre facteurs de puissance, ainsi que le courant appelé par ligne sur les deux réseaux triphasés belges. Ce courant, lui, ne dépend pas du cos φ : c'est la puissance apparente qui fait circuler les ampères.

Puissance apparentecos φ = 1cos φ = 0,9cos φ = 0,85cos φ = 0,8I en 3 × 230 VI en 3N × 400 V
5 kVA5 kW4,5 kW4,25 kW4 kW12,6 A7,2 A
10 kVA10 kW9 kW8,5 kW8 kW25,1 A14,4 A
15 kVA15 kW13,5 kW12,75 kW12 kW37,7 A21,7 A
20 kVA20 kW18 kW17 kW16 kW50,2 A28,9 A
25 kVA25 kW22,5 kW21,25 kW20 kW62,8 A36,1 A
30 kVA30 kW27 kW25,5 kW24 kW75,3 A43,3 A
40 kVA40 kW36 kW34 kW32 kW100,4 A57,7 A
50 kVA50 kW45 kW42,5 kW40 kW125,5 A72,2 A
75 kVA75 kW67,5 kW63,75 kW60 kW188,3 A108,3 A
100 kVA100 kW90 kW85 kW80 kW251,0 A144,3 A
160 kVA160 kW144 kW136 kW128 kW401,6 A230,9 A
250 kVA250 kW225 kW212,5 kW200 kW627,6 A360,8 A

Le cas du groupe électrogène. Les groupes se vendent en kVA parce que leur alternateur est limité par le courant qu'il peut débiter, indépendamment du déphasage de la charge. Un 100 kVA n'affiche 80 kW que sous l'hypothèse conventionnelle cos φ = 0,8 : c'est un régime de référence, pas une promesse. Alimentant un atelier à cos φ 0,65, le même groupe ne délivrera que 65 kW utiles — et devant une charge purement résistive, il pourra donner ses 100 kW sans jamais dépasser son courant nominal. Le même raisonnement vaut pour un transformateur, un onduleur ou un raccordement.

Les formules de la puissance triphasée

En régime alternatif équilibré, trois puissances coexistent et forment le triangle des puissances : la puissance apparente S (kVA), produit tension × courant, la puissance active P (kW), seule à produire un travail utile, et la puissance réactive Q (kVAr), échangée avec les champs magnétiques des moteurs et transformateurs. Le facteur de puissance cos φ mesure la part utile : P = S × cos φ.

Réseau triphasé équilibré

S = √3 × U × I·P = S × cos φ·Q = S × sin φ

U : tension entre lignes (400 V en 3N × 400 V, 230 V en 3 × 230 V) · I : courant de ligne (A) · φ : déphasage entre courant et tension · en monophasé, les mêmes formules s'écrivent sans le facteur √3, avec U = 230 V

Courant de ligne à partir de la puissance active

I =
P√3 × U × cos φ

P : puissance active (W) · U : tension entre lignes (V) · résultat en ampères par ligne — en monophasé, supprimer le √3 et prendre U = 230 V

3N × 400 V ou 3 × 230 V : les deux réseaux triphasés belges

En Belgique, un raccordement triphasé arrive sur l'un de deux réseaux. Le 3N × 400 V distribue trois conducteurs de ligne et un neutre : c'est le couple 230/400 V de la NBN EN 60038. Le 3 × 230 V, encore répandu, n'a pas de neutre : 230 V entre deux lignes, et un appareil monophasé s'y raccorde entre deux lignes. La formule S = √3 × U × I vaut sur les deux réseaux ; seule la tension U change. À courant égal, un 3N × 400 V transporte donc 400/230 = 1,74 fois plus de puissance.

RéseauConducteurs actifsEntre lignesEntre ligne et neutreCircuit monophasé raccordé entre
1 × 230 V1 ligne + neutre—230 Vligne et neutre (230 V)
3 × 230 V3 lignes230 V—deux lignes (230 V)
3N × 400 V3 lignes + neutre400 V230 Vligne et neutre (230 V)

Sur un 3 × 230 V, le √3 apparaît par un autre chemin. Sans neutre, un récepteur triphasé se couple en triangle : chaque branche reçoit la tension entre lignes U et porte I/√3. Les trois branches donnent P = 3 × U × (I/√3) × cos φ, soit √3 × U × I × cos φ. La prescription Synergrid C1/107 prévient que ces réseaux sont susceptibles d'être convertis à terme en 3N × 400 V, et recommande une installation intérieure facile à adapter : câble de liaison à quatre conducteurs, canalisations à cinq conducteurs pour les circuits triphasés.

Méthode de calcul : exemple pas à pas

Prenons un moteur asynchrone triphasé de 15 kW alimenté en 3N × 400 V, avec un cos φ de 0,84 à pleine charge. Le calcul se déroule en trois étapes.

1. Courant de ligne. On isole I dans la formule de la puissance active :

I =
P√3 × U × cos φ
=
15 0001,732 × 400 × 0,84
≈ 25,8 A

2. Puissance apparente. C'est elle qui dimensionne le départ moteur et pèse sur le transformateur :

S =
Pcos φ
=
150,84
≈ 17,9 kVA

3. Puissance réactive. Avec cos φ = 0,84, on a sin φ = √(1 − 0,84²) ≈ 0,543 :

Q = S × sin φ = 17,9 × 0,543 ≈ 9,7 kVAr

Le moteur appelle donc 25,8 A par ligne et « coûte » 17,9 kVA au réseau pour 15 kW utiles ; les 9,7 kVAr restants magnétisent la machine sans produire de travail. On vérifie la cohérence avec le triangle des puissances : √(15² + 9,7²) ≈ 17,9 kVA. Sur un réseau 3 × 230 V, le même moteur appelle 44,8 A par ligne : la puissance apparente ne change pas, mais la tension est 1,74 fois plus basse. Attention à ne pas confondre : sur la plaque signalétique d'un moteur, la puissance indiquée est la puissance mécanique disponible à l'arbre ; la puissance électrique absorbée s'obtient en divisant par le rendement η (Pabs = Pméca / η), avant d'appliquer les formules ci-dessus.

Facteurs de puissance usuels

Le cos φ dépend de la nature des récepteurs, et surtout de leur taux de charge : un moteur asynchrone qui tourne à vide s'effondre autour de 0,2, ce qui explique qu'une machine surdimensionnée dégrade le cos φ de tout un atelier. Quelques ordres de grandeur pour estimer une installation :

Récepteurcos φ typique
Résistances (chauffage, boiler électrique), éclairage LED à driver corrigé≈ 1,00
Moteur asynchrone à pleine charge0,80 à 0,90
Moteur asynchrone à 50 % de charge≈ 0,73
Moteur asynchrone à vide0,17 à 0,30
Lampes à décharge ou fluorescentes non compensées≈ 0,50
Poste de soudure à l'arc0,50 à 0,60
Four à induction avec compensation intégrée≈ 0,85

kVA pour dimensionner, kW pour l'énergie, kVAr à compenser

C'est la puissance apparente qui fait circuler le courant : câbles, jeux de barres, transformateur et raccordement se dimensionnent en kVA. À l'inverse, l'énergie active mesurée au compteur correspond à la puissance active. Tout l'écart entre les deux, c'est-à-dire la puissance réactive, circule sans produire de travail : elle échauffe les conducteurs, creuse la chute de tension et occupe de la place dans le transformateur.

S'y ajoute, pour une partie des installations, un motif tarifaire. En Belgique, la facturation de l'énergie réactive relève de la grille tarifaire de chaque gestionnaire de réseau (Fluvius, ORES, Sibelga, RESA…) et dépend du raccordement : le seuil, les périodes et le prix varient. L'outil n'en reprend aucun. Reportez le seuil de votre grille dans le champ facultatif du calculateur : il le compare au cos φ calculé.

Compenser le cos φ : dimensionner une batterie de condensateurs

Compenser consiste à produire localement la puissance réactive que les moteurs appellent, au lieu de la faire transiter depuis le réseau. La puissance de la batterie se lit directement sur le triangle des puissances : la puissance active ne bouge pas, seule la hauteur Q est rabotée. On passe donc d'une tangente à l'autre.

Puissance de la batterie de condensateurs

Qc = P × (tan φ₁ − tan φ₂)

Qc : puissance réactive à installer (kVAr) · P : puissance active du site (kW) · φ₁ : déphasage mesuré · φ₂ : déphasage visé — tan φ se déduit du cos φ par tan φ = √(1 − cos²φ) / cos φ

Exemple. Un atelier de 100 kW mesuré à cos φ 0,75 veut remonter à 0,95. Les tangentes valent 0,882 et 0,329, d'où Qc = 100 × (0,882 − 0,329) ≈ 55,3 kVAr. La puissance apparente tombe de 133,3 à 105,3 kVA, soit 21 % de courant en moins dans tout ce qui se trouve en amont de la batterie — d'où l'intérêt de la placer au plus près des récepteurs plutôt qu'en tête d'installation, si l'on veut aussi soulager les départs. La règle de proportionnalité est immédiate : la baisse de courant vaut 1 − cos φ₁ / cos φ₂, quelle que soit la puissance du site.

Deux réserves de terrain. La compensation ne corrige que le déphasage du fondamental : devant des variateurs de vitesse ou des alimentations à découpage, le courant est déformé par les harmoniques, et une batterie standard peut entrer en résonance avec l'inductance du transformateur — c'est le cas des gradins anti-harmoniques ou des filtres accordés. Et sur un site à charge très variable, une batterie fixe surcompense à vide : on passe alors en batterie automatique à gradins.

Puissance d'un raccordement selon son calibre

La capacité d'un raccordement se lit dans le calibre de la protection du gestionnaire de réseau de distribution (GRD) : le courant nominal, ou de réglage, de son disjoncteur. La prescription Synergrid C1/107, commune aux GRD belges, en déduit la puissance de raccordement : elle est toujours apparente, donc exprimée en kVA, et vaut S = U × I en monophasé, S = √3 × U × I en triphasé, avec la tension nominale du réseau. Le tableau l'applique à quelques calibres sur les trois réseaux. Il n'indique pas quels calibres votre GRD propose : c'est lui qui les fixe.

Calibre de la protection1 × 230 V3 × 230 V3N × 400 V
16 A3,7 kVA6,4 kVA11,1 kVA
20 A4,6 kVA8,0 kVA13,9 kVA
25 A5,8 kVA10,0 kVA17,3 kVA
32 A7,4 kVA12,7 kVA22,2 kVA
40 A9,2 kVA15,9 kVA27,7 kVA
50 A11,5 kVA19,9 kVA34,6 kVA
63 A14,5 kVA25,1 kVA43,6 kVA
80 A18,4 kVA31,9 kVA55,4 kVA
100 A23,0 kVA39,8 kVA69,3 kVA

Si le raccordement est protégé par des fusibles gG, Synergrid convertit d'abord leur calibre en courant de disjoncteur équivalent : × 1,25 à partir de 16 A, × 1,5 en dessous. Un fusible de 32 A vaut ainsi un disjoncteur de 40 A, soit 9,2 kVA en monophasé.

À puissance égale, le triphasé réduit le courant de ligne : 12 kVA, c'est 52,2 A en monophasé 230 V, 30,1 A par ligne en 3 × 230 V et 17,3 A en 3N × 400 V. C'est pourquoi le triphasé s'impose pour les moteurs de forte puissance (compresseurs, ponts élévateurs, machines-outils). En contrepartie, les charges monophasées doivent être réparties sur les trois lignes. Synergrid demande une répartition des courants aussi uniforme que possible (C1/107, § 5.2.2) : sans elle, la ligne la plus chargée déclenche avant que la capacité totale du raccordement ne soit atteinte.

Une fois le courant de ligne connu, poursuivez l'étude avec nos outils : section de câble industriel (courant admissible, facteurs de correction), chute de tension, ou moteur électrique mono/tri (rendement, couple, démarrage, couplage étoile-triangle, compensation du cos φ).

Et si les charges sont déséquilibrées ?

Les formules en √3, comme ce calculateur, supposent un régime équilibré : trois courants identiques déphasés de 120°. C'est le cas des récepteurs triphasés symétriques (moteurs, résistances triphasées, transformateurs). Dès que des charges monophasées inégales se répartissent sur le réseau, chaque charge se calcule avec sa tension et son propre courant, puis on somme : P = P₁ + P₂ + P₃ et Q = Q₁ + Q₂ + Q₃, la puissance apparente totale valant S = √(P² + Q²). La tension d'une charge monophasée vaut 230 V sur les deux réseaux : entre une ligne et le neutre en 3N × 400 V, entre deux lignes en 3 × 230 V.

En 3N × 400 V, le courant de déséquilibre se referme par le neutre. Le RGIE impose une détection de surintensité sur un neutre de section réduite, sauf s'il est protégé contre les courts-circuits par la protection des lignes et que son courant reste, en service normal, inférieur à son courant admissible (sous-section 4.4.4.4). Il l'impose aussi dès que des courants harmoniques échauffent le neutre au-delà de sa température maximale (4.4.4.8) : ceux de rang 3, produits par l'éclairage LED et les alimentations à découpage, s'y additionnent au lieu de s'annuler.

Comment ce calcul est vérifié

Le moteur de cet outil est couvert par une suite de 50 tests automatisés, construite sur des références externes et non sur ses propres sorties.

  • Recoupement avec une seconde implémentation. Le calculateur de moteur électrique du site recalcule P, S, Q et le courant de ligne avec ses propres formules, écrites séparément. Les deux moteurs donnent les mêmes valeurs sur 36 points de fonctionnement : 3 × 230 V, 3N × 400 V et 690 V, cos φ de 0,60 à 0,95, courants de 10 à 100 A. L'accord tient aussi en monophasé et sur la batterie de condensateurs.
  • Le 3 × 230 V refait par le triangle. Chaque branche d'un récepteur en triangle reçoit 230 V et porte I/√3 : la puissance refaite ainsi, branche par branche, coïncide avec √3 × 230 × I × cos φ. En 3N × 400 V, le même contrôle passe par les trois lignes et la tension entre ligne et neutre, qui ressort à 230,9 V.
  • Vérité analytique refaite indépendamment du moteur. Un cos φ de 0,80 doit rendre sin φ = 0,60 et tan φ = 0,75 exactement (triangle 3-4-5), et un cos φ de 0,50 doit rendre φ = 60°. L'identité S² = P² + Q² est contrôlée sur les trois réseaux, pour tout cos φ de 0,10 à 1,00.
  • Les tableaux de cette page sont produits par le moteur. Réseaux, conversion kVA → kW, puissance de raccordement et facteurs de puissance usuels sortent des mêmes fonctions que le calcul. Chaque puissance de raccordement est aussi recalculée hors du moteur, avec les relations de la prescription Synergrid C1/107.
  • Aller-retour et saisies dégradées. Un courant converti en puissance puis reconverti revient à sa valeur de départ, sur 60 combinaisons de réseau, de cos φ et d'intensité. Un champ vide, une tension négative, un cos φ nul ou supérieur à 1 laissent l'outil en attente de données : ni valeur aberrante, ni zéro trompeur.

Références

  • RGIE, Livre 1 — Installations à basse tension et à très basse tension (annexe 1 à l'arrêté royal du 8 septembre 2019), version 06 du SPF Économie du 29 octobre 2025, qui intègre l'arrêté royal du 6 octobre 2025, applicable depuis le 1er avril 2026. Terminologie « conducteur de ligne » ; protection du conducteur neutre aux sous-sections 4.4.4.4 (section réduite) et 4.4.4.8 (courants harmoniques). SPF Économie
  • NBN EN 60038:2011 — Tensions normales du CENELEC, identique à l'IEC 60038:2009 (7e édition, consolidée avec l'amendement 1 de 2021). Source du couple 230/400 V du réseau 3N × 400 V ; le réseau 3 × 230 V est décrit par les prescriptions des gestionnaires de réseau. Fiche IEC
  • Synergrid C1/107 — Prescriptions techniques générales relatives au raccordement d'une installation électrique d'un utilisateur au réseau de distribution basse tension, publiée le 21 août 2024, révision 01 du 5 février 2026. Annexe 5 : puissance de raccordement apparente et équivalence fusible gG / disjoncteur ; § 5.2.2 : répartition des courants ; § 6 : conversion des réseaux 3 × 230 V en 3N × 400 V. Synergrid

Questions fréquentes

La conversion ne dépend pas du réseau : elle ne dépend que du facteur de puissance. On multiplie la puissance apparente par le cos φ : kW = kVA × cos φ. Un groupe électrogène de 100 kVA à cos φ 0,8 délivre 80 kW ; un raccordement 3N × 400 V de 40 A (27,7 kVA) alimentant une installation à cos φ 0,9 laisse passer 24,9 kW utiles. Le facteur √3 n'intervient pas ici : il ne sert qu'à passer de la tension et du courant à la puissance apparente, avec S = √3 × U × I. Si les récepteurs sont purement résistifs (chauffage, boiler électrique, éclairage LED à driver corrigé), le cos φ vaut 1 et les kVA sont égaux aux kW.

On divise par le cos φ : kVA = kW / cos φ. Un moteur de 30 kW à cos φ 0,8 appelle 37,5 kVA au réseau. C'est ce chiffre-là, et non les 30 kW, qui dimensionne le câble, le disjoncteur, le transformateur et le raccordement, parce que c'est lui qui fixe le courant. Plus le cos φ est mauvais, plus l'écart se creuse : à cos φ 0,6, les mêmes 30 kW demandent 50 kVA.

La puissance apparente vaut S = √3 × U × I, avec U la tension entre lignes et I le courant de ligne, le résultat étant en VA. U vaut 400 V sur un réseau 3N × 400 V et 230 V sur un réseau 3 × 230 V. Un moteur qui appelle 45 A représente donc 1,732 × 400 × 45 = 31 176 VA, soit 31,2 kVA, en 3N × 400 V, mais 17,9 kVA en 3 × 230 V. En monophasé, la formule s'applique sans le facteur √3 : S = U × I, soit 230 × 45 = 10,35 kVA.

À partir de la puissance apparente : I = S / (√3 × U). En 3N × 400 V, on divise les VA par 693 : 18 kVA donnent 18 000 / 693 ≈ 26 A par ligne. Repères pour 1 kVA : 1,44 A par ligne en 3N × 400 V, 2,51 A en 3 × 230 V et 4,35 A en monophasé 230 V. À partir de la puissance active, il faut réintroduire le facteur de puissance : I = P / (√3 × U × cos φ). Sur un moteur, pensez aussi au rendement : la plaque signalétique indique la puissance mécanique à l'arbre, et c'est la puissance absorbée (mécanique divisée par le rendement) qu'il faut employer.

Le réseau 3N × 400 V distribue trois lignes et un neutre : 400 V entre deux lignes, 230 V entre une ligne et le neutre. Le réseau 3 × 230 V, encore répandu en Belgique, n'a pas de neutre : 230 V entre deux lignes, et un appareil monophasé s'y raccorde entre deux lignes. La formule reste S = √3 × U × I, avec U = 230 V : à courant égal, un 3N × 400 V transporte 1,74 fois plus de puissance. Synergrid signale que les réseaux 3 × 230 V sont susceptibles d'être convertis à terme en 3N × 400 V, et recommande une installation intérieure facile à adapter (prescription C1/107).

La puissance d'un raccordement se déduit du calibre de la protection du gestionnaire de réseau (GRD). Elle est apparente et s'exprime en kVA : S = U × I en monophasé, S = √3 × U × I en triphasé (prescription Synergrid C1/107, annexe 5). Un raccordement monophasé de 40 A donne 9,2 kVA. En 3 × 230 V, 40 A donnent 15,9 kVA ; en 3N × 400 V, 25 A donnent 17,3 kVA et 40 A, 27,7 kVA. Le calibre disponible chez vous est fixé par votre GRD (Fluvius, ORES, Sibelga, RESA…).

Le kW mesure la puissance active P, celle qui produit un travail utile (chaleur, mouvement) et que mesure le compteur d'énergie. Le kVA mesure la puissance apparente S, produit de la tension par le courant : c'est elle qui dimensionne les câbles, le transformateur et le raccordement. Le kVAr mesure la puissance réactive Q, échangée avec les champs magnétiques des moteurs et transformateurs sans produire de travail. Les trois sont liées par le triangle des puissances : S² = P² + Q².

En 3N × 400 V, la puissance totale est la somme des trois lignes : P = 3 × U₀ × I × cos φ, avec U₀ la tension entre ligne et neutre. Comme la tension entre lignes vaut U = √3 × U₀ (400 V = √3 × 230,9 V), on obtient P = √3 × U × I × cos φ. En 3 × 230 V, sans neutre, le récepteur est couplé en triangle : chaque branche reçoit U et porte I/√3, d'où P = 3 × U × (I/√3) × cos φ, soit encore √3 × U × I × cos φ. Le √3 porte sur le couple courant-tension, jamais sur la conversion entre kVA et kW.

À puissance active égale, un cos φ faible augmente le courant appelé, puisque I = P / (√3 × U × cos φ) : passer de 0,95 à 0,70 augmente le courant de 36 %, donc les pertes Joule, la chute de tension et la section des câbles et du transformateur. S'y ajoute parfois un motif tarifaire : selon la grille de votre GRD et votre raccordement, l'énergie réactive consommée au-delà d'un seuil peut être facturée. Ce seuil varie d'un gestionnaire à l'autre : reportez celui de votre grille dans le calculateur, qui le compare au cos φ calculé.

Non : la formule P = √3 × U × I × cos φ suppose un régime équilibré, avec le même courant sur les trois lignes. Si les charges monophasées sont mal réparties, il faut sommer les puissances charge par charge (P = P₁ + P₂ + P₃) ; en 3N × 400 V, un courant circule alors dans le neutre. Ce calculateur traite le régime équilibré, qui correspond aux récepteurs triphasés (moteurs, transformateurs) et aux installations correctement équilibrées.