ÉlectricitéIEC 60364-5-52 · RGIE Livre 1

Calcul de section de câble industriel

Dimensionnez vos câbles BT en industrie et tertiaire selon les règles du RGIE et les courants admissibles de l'IEC 60364-5-52 : méthodes de référence, facteurs de correction, pose enterrée, chute de tension comparée au repère et court-circuit. Outil 100 % gratuit.

Mis à jour le

Exemples :
Schéma de l'installationTableau → protection → canalisation → récepteur · glissez la cote pour la longueur
Glissez la poignée pour ajuster la longueur du circuit.Schéma de principe, non à l'échelle
Paramètres du circuit
Renseignez la charge, le câble et la pose — le dimensionnement se met à jour en direct.

Réseau & charge

V

400 V en 3N × 400 V, 230 V en 3 × 230 V (neutre non distribué).

A
m

Longueur simple, pour la vérification de chute de tension.

RGIE Livre 1, tableau 5.1 : 2,5 mm² au moins avec des socles, 1,5 mm² sans.

Câble

PR/XLPE (90 °C) : U1000 R2V… — PVC (70 °C) : H07V…

Fixe la méthode de référence : multiconducteur → E, unipolaires → F. La méthode F commence à 25 mm².

80 Acalibre normalisé ≥ IB
16 mm²première section qui convient

Pose et environnement

Chemin de câbles perforé (horizontal ou vertical) — méthode de référence E.

3 circuits

Nombre total de circuits posés ensemble, y compris celui étudié.

Plus d'une couche : facteur de la pratique française, l'IEC 60364-5-52 ne vise qu'une couche.

°C
Section retenue
16mm²
Vérifications satisfaites

Cuivre PR/XLPE, méthode E — protégé par disjoncteur 80 A.

Protection In80 A
Iz corrigé82 A
Chute de tension2,57 %
Critères dimensionnantsTaux d'utilisation

Courant d'emploi couvert par la protection : IB ≤ In

OK
100 %

80,0 A / 80 A · RGIE Livre 1, 4.4.3.2, point 1

Courant admissible corrigé : Iz × f ≥ In

OK
98 %

80,0 A / 82,0 A · RGIE Livre 1, 4.4.3.2 — IEC 60364-5-52, méthode E

Chute de tension totale ≤ repère

OK
32 %

2,57 % / 8,00 % · IEC 60364-5-52, annexe G (repère, pas de limite au RGIE)

Section au moins égale au minimum du Livre 1

OK
9 %

16,0 mm² / 1,5 mm² (sans socle de prise) · RGIE Livre 1, 5.2.1.2 et tableau 5.1

Détail du calcul

IEC 60364-5-52 · RGIE Livre 1

Facteurs de correction appliqués

CodeConditionRéférenceValeur
f1Température ambiante 30 °C (isolant PR/EPR)IEC 60364-5-52, tableau B.52.141,00
f21Groupement — 3 circuits, simple couche sur un chemin de câbles perforéIEC 60364-5-52, tableau B.52.17, ligne 40,82
fFacteur global (produit)produit des facteurs0,820
I'z =
Inf
= 80 / (0,820) = 97,6 A → méthode E de l'IEC 60364-5-52, colonne PR3

Comparatif par section — méthode E, colonne PR3

retenue convient ne convient pasBarres : Iz corrigé · droite pointillée : Iz requis (k × In)

Cliquez sur une barre pour recalculer avec cette section imposée. Chute de tension calculée pour 80,0 A et 60 m.

Étudier la chute de tension en détail

Longueur maximale, démarrage moteur, tension à l'arrivée : affinez la vérification ΔU avec l'outil dédié.

Dimensionner un câble selon le RGIE et l'IEC 60364-5-52

En installation domestique, le RGIE donne directement le calibre maximal de la protection selon la section des conducteurs (voir notre calculateur de section résidentiel). Les installations industrielles et tertiaires exigent un calcul complet du courant admissible. Le RGIE en pose les règles (Livre 1, sous-section 4.4.3.2) et demande que ce courant soit « calculé conformément aux règles de l'art » (sous-section 4.4.1.4) : en pratique, on utilise les tableaux et les facteurs de correction de la norme IEC 60364-5-52.

Le principe : un câble est correctement dimensionné si son courant admissible Iz, corrigé des conditions réelles d'installation, couvre le calibre de la protection qui le surveille, et si la chute de tension et la tenue au court-circuit restent acceptables. En installation non domestique, ce calcul est aussi le moyen de démontrer le respect du RGIE lors du contrôle.

Les courants admissibles et les facteurs de cet outil sont ceux de l'IEC 60364-5-52 (édition 2009). La norme est payante : ses tableaux ont été relus dans les reproductions publiées par deux fabricants, Kabelwerk Eupen et ABB, qui concordent entre elles.

Du bilan de puissance au courant d'emploi IB

C'est l'étape que les abaques escamotent, et celle qui décide de tout le reste. Le courant d'emploi n'est pas la somme des puissances installées : un atelier dont les plaques signalétiques totalisent 120 kW n'appelle presque jamais 120 kW. Trois coefficients ramènent la puissance installée à la puissance réellement véhiculée.

  • Le coefficient d'utilisation Ku, par récepteur : un moteur asynchrone tourne rarement à sa puissance nominale (on retient couramment 0,75 à 0,80), tandis que l'éclairage et les résistances de chauffage restent à 1. Il traduit le taux de charge de la machine, pas sa fréquence d'usage.
  • Le coefficient de simultanéité Ks, par tableau ou par jeu de barres : tous les départs ne consomment pas ensemble. L'usage retient de l'ordre de 0,9 pour deux ou trois circuits, 0,7 pour cinq, 0,6 au-delà d'une dizaine — et 1 dès qu'un process garantit la charge simultanée (four, groupe froid, ligne cadencée).
  • La réserve d'extension Ke, souvent 1,2 sur les tableaux destinés à évoluer. Elle se décide avec le maître d'ouvrage : sur une armoire de process figée, la retenir revient à surdimensionner toute la distribution.

Ces coefficients sont des valeurs d'usage issues du bilan de puissance, pas des prescriptions réglementaires : ils dépendent du process et de l'exploitation, et se justifient dans la note de calcul. La puissance ainsi obtenue se convertit en ampères :

Courant d'emploi d'un départ

Triphasé : I_B =
P√3 × U × cos φ
|Monophasé : I_B =
PU × cos φ

P : puissance véhiculée après Ku et Ks (W) · U : tension entre lignes en triphasé (400 V en 3N × 400 V, 230 V en 3 × 230 V), tension simple en monophasé (V) · cos φ : facteur de puissance du récepteur · IB : courant d'emploi (A)

Pour un moteur asynchrone, retenez le courant nominal plaqué (qui intègre déjà le rendement) plutôt que la formule ci-dessus, et surveillez le facteur de puissance réel : à 400 V, un départ de 37 kW à cos φ = 0,85 appelle environ 63 A, mais 76 A si cos φ tombe à 0,70. Un cos φ optimiste de 0,15 point, et c'est une section normalisée d'écart.

Comment calculer la section d'un câble : la méthode en 5 étapes

Étape 1 : le courant d'emploi IB. Mesuré, relevé sur la plaque du récepteur, ou déduit du bilan de puissance ci-dessus.

Étape 2 : la protection In. On choisit le premier calibre normalisé qui couvre IB : In ≥ IB (disjoncteurs : 2, 4, 6, 10, 16… jusqu'à 1 250 A). C'est bien le calibre de la protection, et non IB, qui dimensionne le câble : le câble doit supporter tout courant que la protection laisse durablement passer.

Étape 3 : la méthode de référence et le facteur global f. Le mode de pose ne se corrige pas par un facteur : il désigne la méthode de référence, donc la colonne du tableau. Le facteur global est le produit des facteurs applicables : température (f₁), groupement (f₂), et en pose enterrée résistivité du sol (f₃), plus les facteurs complémentaires (neutre chargé, options). Voir le détail plus bas.

Étape 4 : la lecture du tableau. Le câble doit présenter, dans les conditions de référence des tableaux, un courant admissible non corrigé I'z au moins égal à :

Courant admissible non corrigé requis

I'z =
k × Inf₁ × f₂ × …

In : calibre de la protection (A), avec In ≥ IB · f₁ f₂ … : facteurs de correction applicables (température, groupement, sol…) · k = 1 avec un disjoncteur ; avec des fusibles gG, k ≈ 1,10 (16 A et plus), 1,31 (6 à 12 A) ou 1,45 (2 et 4 A) · I'z se lit dans la colonne de la méthode de référence

On parcourt alors la colonne de la méthode de référence, pour l'isolant et le nombre de conducteurs chargés, et on retient la première section dont le courant admissible dépasse cette valeur.

Étape 5 : les vérifications complémentaires. La section trouvée n'est définitive qu'après contrôle de la chute de tension sur la longueur réelle du circuit et de la contrainte thermique de court-circuit, avec le temps de coupure ou l'énergie I²t de la protection. Le Livre 1 fixe enfin une section minimale : 2,5 mm² dès que le circuit alimente des socles de prise, 1,5 mm² sinon (tableau 5.1). Sur les grandes longueurs, ces vérifications imposent souvent une section supérieure à celle de l'échauffement ; le calculateur les enchaîne automatiquement.

Les méthodes de référence (A1 à F, D1, D2)

Les nombreux modes de pose décrits par l'IEC 60364-5-52 se ramènent à des méthodes de référence aux conditions de refroidissement équivalentes. Chacune a sa colonne de courants admissibles ; la constitution du câble compte (conducteurs isolés ou câbles unipolaires, câble multiconducteur) :

MéthodeModes de pose typiques25 mm² Cu PR
A1Conducteurs isolés ou câbles unipolaires en conduit dans une paroi thermiquement isolante95 A
A2Câble multiconducteur en conduit dans une paroi thermiquement isolante89 A
B1Conducteurs isolés ou câbles unipolaires en conduit ou en goulotte sur un mur ou dans la maçonnerie117 A
B2Câble multiconducteur en conduit ou en goulotte ; vide de construction, faux plafond, caniveau (valeur prudente)105 A
CCâbles fixés sur un mur, sous un plafond ou sur un chemin de câbles non perforé119 A
ECâble multiconducteur à l'air libre : chemin de câbles perforé, échelle, corbeaux127 A
FCâbles unipolaires jointifs à l'air libre, en trèfle en triphasé (à partir de 25 mm²)135 A
D1Câbles en fourreau ou en conduit enterré96 A
D2Câbles directement enterrés, avec ou sans protection mécanique107 A

Tableau des courants admissibles (IEC 60364-5-52)

Voici les courants admissibles d'un câble cuivre triphasé (3 conducteurs chargés), aux conditions de référence : 30 °C à l'air ; 20 °C, 0,7 m et 2,5 K·m/W dans le sol ; circuit seul. Ce sont les valeurs de départ, avant tout facteur de correction : le courant réellement admissible sur votre chantier vaut Iz × f. Chaque colonne reprend celle de l'IEC 60364-5-52 pour la méthode indiquée ; la colonne F, en trèfle, commence à 25 mm².

Isolant PR / XLPE / EPR — 90 °C (câbles XVB)

Section (mm²)A1A2B1B2CEFD1D2
1,51716,52019,52223—2123
2,5232228263032—2830
4313037354042—3639
6403848445254—4449
10545166607175—5865
167368888096100—7584
25958911710511912713596107
35117109144128147158169115129
50141130175154179192207135153
70179164222194229246268167188
95216197269233278298328197226
120249227312268322346383223257
150285259342300371399444251287
185324295384340424456510281324
240380346450398500538607324375
300435396514455576621703365419

Isolant PVC — 70 °C

Section (mm²)A1A2B1B2CEFD1D2
1,513,51315,51517,518,5—1819
2,51817,521202425—2424
4242328273234—3033
6312936344143—3841
10423950465760—5054
16565268627680—6470
2573688980961011108292
3589831109911912613798110
5010899134118144153167116130
70136125171149184196216143162
95164150207179223238264169193
120188172239206259276308192220
150216196262225299319356217246
185245223296255341364409243278
240286261346297403430485280320
300328298394339464497561316359

Les valeurs en ampères, colonne par colonne ; un tiret signale une section que la colonne ne couvre pas. Sur chemin de câbles perforé (méthode E), le passage du PVC au PR fait gagner 24 à 28 % de courant admissible, souvent une section normalisée. En aluminium, comptez une à deux sections de plus à calibre égal ; le calculateur en haut de page compare les deux matériaux et applique les facteurs de correction, ce qu'un abaque ne peut pas faire.

Les facteurs de correction

Les tableaux ci-dessus valent pour 30 °C à l'air (20 °C et 2,5 K·m/W dans le sol) et un circuit seul. Toute autre situation se corrige par des facteurs multiplicatifs :

  • Mode de pose : pas de facteur, une colonne. À 25 mm² en PR, un conduit dans une paroi isolante (A1, A2) admet 15 à 20 % de moins que le même conduit sur un mur (B1, B2). Seule la pose sous un plafond prend 0,95 dès le premier circuit ;
  • Groupement (f₂), le facteur le plus souvent oublié : 9 circuits jointifs en conduit divisent le courant admissible par deux (0,50) ; sur chemin de câbles perforé, 4 circuits valent déjà 0,77. Ces facteurs supposent une seule couche : pour une pose jointive en plusieurs couches, l'outil propose en option le facteur de la pratique française (0,80 pour deux couches, jusqu'à 0,68) ;
  • Température (f₁) : à 40 °C ambiants, 0,87 (PVC) ou 0,91 (PR) ; à 50 °C, 0,71 ou 0,82 ;
  • Enterré : température du sol, groupement des fourreaux ou des câbles, et résistivité thermique du sol. Un sol meilleur conducteur de chaleur relève le courant admissible : à 1 K·m/W, × 1,18 en fourreaux et × 1,5 en pleine terre ; à 3 K·m/W, × 0,96 et × 0,90. Sans mesure du sol, l'outil garde 2,5 K·m/W, la référence des tableaux ;
  • Facteurs complémentaires : neutre chargé par les harmoniques de rang 3, 0,86 (IEC 60364-5-52, annexe E). Pour le soleil ou une atmosphère explosive, l'IEC ne fixe pas de valeur forfaitaire : l'outil accepte un facteur justifié, saisi. En option, la pose non symétrique de câbles en parallèle reprend le 0,80 de la pratique française.

Quelle section pour quel calibre ? Abaque de pré-dimensionnement

Le tableau ci-dessous donne la section minimale d'un câble multiconducteur cuivre / isolant PR en triphasé, posé seul sur chemin de câbles perforé à 30 °C (méthode E), protégé par disjoncteur, sans aucun facteur de correction ni chute de tension. C'est un point de départ d'avant-projet : dès que le circuit est groupé, enfermé en conduit, enterré ou long, la section réelle monte d'un ou deux crans.

Calibre InSection Cu PR (méthode E)Iz à l'air
32 A2,5 mm²32 A
40 A4 mm²42 A
50 A6 mm²54 A
63 A10 mm²75 A
80 A16 mm²100 A
100 A16 mm²100 A
125 A25 mm²127 A
160 A50 mm²192 A
200 A70 mm²246 A
250 A95 mm²298 A
320 A120 mm²346 A
400 A185 mm²456 A
500 A240 mm²538 A
630 A2 × 120 mm² en parallèle2 × 346 = 692 A

L'abaque démarre à 32 A : en installation domestique, le RGIE fixe directement le calibre maximal de la protection selon la section (tableau 4.11) — voir le calculateur de section résidentiel.

Section du conducteur de protection PE

Une fois la section des conducteurs de ligne arrêtée, celle du conducteur de protection en découle. Le RGIE (Livre 1, sous-section 5.4.3.2, tableau 5.10) dispense de calcul un PE qui suit trois régimes : la même section jusqu'à 16 mm², 16 mm² de 16 à 35 mm², puis la moitié de la section au-delà, ramenée à « la section normalisée la plus proche ». À égale distance de deux sections (60 mm² pour un départ de 120 mm²), l'outil retient la plus grande.

Section des conducteurs de ligneConducteur de protection PE
1,5 mm²1,5 mm²
2,5 mm²2,5 mm²
4 mm²4 mm²
6 mm²6 mm²
10 mm²10 mm²
16 mm²16 mm²
25 mm²16 mm²
35 mm²16 mm²
50 mm²25 mm²
70 mm²35 mm²
95 mm²50 mm²
120 mm²70 mm²
150 mm²70 mm²
185 mm²95 mm²
240 mm²120 mm²
300 mm²150 mm²

Ces valeurs valent pour un PE du même métal que les conducteurs actifs ; sinon, le RGIE demande une conductance équivalente. Un conducteur de protection qui ne fait pas partie de la canalisation d'alimentation a au moins 2,5 mm² avec protection mécanique, 4 mm² sans. Le calculateur ci-dessus dimensionne les conducteurs actifs : le PE se lit ici.

Protection contre les surcharges : les conditions du RGIE

La sous-section 4.4.3.2 du Livre 1 impose IB ≤ In ≤ Iz, puis deux conditions sur les courants conventionnels de la protection : If ≤ 1,45 × Iz (courant de fonctionnement) et Inf ≤ 1,15 × Iz (courant de non-fonctionnement). Avec un disjoncteur (If = 1,45 × In et Inf = 1,13 × In selon l'IEC 60898-1), elles sont satisfaites dès que Iz ≥ In. Avec des fusibles gG (IEC 60269-1), If vaut 1,6 × In à partir de 16 A, 1,9 × In de 6 à 12 A et 2,1 × In jusqu'à 4 A : le câble doit alors admettre k × In, avec k ≈ 1,10, 1,31 ou 1,45. Le calculateur applique ce coefficient automatiquement.

Chute de tension et court-circuit : les deux autres garde-fous

Sur les grandes longueurs industrielles, c'est souvent la chute de tension qui impose la section, avant même l'échauffement. Le RGIE ne fixe pas de valeur chiffrée : il demande une chute compatible avec un fonctionnement sûr des appareils (sous-section 5.2.1.2 b). Le calculateur compare donc le résultat aux repères de l'annexe G de l'IEC 60364-5-52 : 3 % en éclairage et 5 % pour les autres usages quand l'installation est alimentée par le réseau public BT (type A), 6 % et 8 % derrière une cabine haute tension privée (type B). Au-delà de 100 m, ces repères augmentent de 0,005 % par mètre, dans la limite de 0,5 %. Pour une étude fine (démarrage moteur, courant continu…), utilisez notre calculateur de chute de tension.

Enfin, en cas de court-circuit, le câble doit absorber l'énergie de défaut sans dépasser la température limite de son isolant : c'est la contrainte thermique de la sous-section 4.4.2.1, k² S² ≥ I² t, soit S ≥ Icc × √t / k (k = 115 pour Cu/PVC, 143 pour Cu/PR, 76 et 94 pour l'aluminium). Renseignez dans les paramètres avancés le courant de court-circuit et le temps de coupure lu sur la courbe de la protection, ou directement l'énergie I²t que le fabricant donne pour ce courant. Sans l'une de ces données, la vérification reste « à justifier » : l'outil n'impose pas de section sur une hypothèse. Le courant de court-circuit se détermine avec notre calculateur de courant de court-circuit Icc.

Exemple de calcul complet : départ moteur en atelier

Reprenons l'exemple « départ moteur » préchargé dans le calculateur : circuit 3N × 400 V, courant d'emploi IB = 70 A (cos φ = 0,85), câble multiconducteur cuivre / PR de 85 m sur chemin de câbles perforé avec 3 autres circuits jointifs, atelier à 35 °C, courant de court-circuit présumé 10 kA coupé en 0,1 s, installation alimentée par une cabine haute tension privée.

  1. Protection : premier calibre normalisé ≥ 70 A : disjoncteur In = 80 A (k = 1).
  2. Méthode de référence : chemin de câbles perforé, câble multiconducteur : méthode E.
  3. Facteurs de correction : température 35 °C avec isolant PR : f₁ = 0,96 ; 4 circuits en simple couche sur chemin de câbles perforé : f₂ = 0,77. Soit f = 0,96 × 0,77 = 0,7392.
  4. Courant admissible requis : I'z ≥ 80 / 0,7392 ≈ 108,2 A. Dans la colonne E (PR, 3 conducteurs chargés) : 16 mm² n'admet que 100 A, 25 mm² admet 127 A → section thermique 25 mm².
  5. Chute de tension : sur 85 m en 25 mm², la formule de l'annexe G donne 2,08 %, sous le repère de 8 % (type B) : repère respecté.
  6. Court-circuit : S ≥ 10 000 × √0,1 / 143 ≈ 22,1 mm² : le 25 mm² tient.
  7. Conducteur de protection : conducteurs de 25 mm² → PE de 16 mm² au moins (tableau 5.10) ; le conducteur vert/jaune d'un câble 4G25 y satisfait.

Résultat : câble XVB 4G25 (cuivre, isolant PR), protégé par un disjoncteur 80 A. On mesure ici le poids du groupement : posé seul et à 30 °C, le même circuit ne demanderait que 16 mm² côté échauffement. Un facteur de correction oublié, et c'est un câble sous-dimensionné qui vieillit prématurément.

Comment ce calcul est vérifié

Le moteur de cet outil est couvert par une suite de 66 tests automatisés, construite sur des références extérieures au calculateur et non sur ses propres sorties.

  • Les courants admissibles recoupés chez deux fabricants. La norme étant payante, ses valeurs sont reprises des reproductions de Kabelwerk Eupen (2023) et d'ABB (2006). Ces deux documents donnent les mêmes valeurs sur plus de 400 cases communes. Les tests relisent des lignes entières de chaque méthode de pose, en cuivre et en aluminium.
  • Les facteurs de correction relus en entier. Température de l'air et du sol, groupement à l'air, en pleine terre et en fourreaux, résistivité du sol : chaque série de l'outil est comparée, valeur par valeur, à sa reproduction publiée.
  • Les tableaux de cette page sont ceux que l'outil applique. Le tableau des courants admissibles, l'abaque calibre → section et la table du conducteur PE sont générés à partir des données de calcul. Les tests recalculent aussi l'exemple chiffré ci-dessus.
  • Les formules réécrites indépendamment du moteur. La chute de tension de l'IEC 60364-5-52 et la contrainte thermique du RGIE, k² S² ≥ I² t, sont recalculées à part, avec le temps de coupure comme avec l'I²t du fabricant. Les résultats sont identiques, en cuivre comme en aluminium.
  • Les règles du RGIE contrôlées. Pour des fusibles gG, le courant admissible exigé découle des courants conventionnels de l'IEC 60269-1. Un circuit avec socles de prise ne descend jamais sous 2,5 mm². Sans temps de coupure ni I²t, la contrainte thermique reste « à justifier » et n'impose aucune section.
  • Robustesse aux saisies dégradées. Champ vide, cos φ absurde, section hors catalogue, PVC au-delà de 60 °C, sol plus résistant que 3 K·m/W : chaque cas produit un résultat neutre ou un message explicite. Un calcul enregistré avant cette version se recharge sans erreur.

Références

  • RGIE, Livre 1 — Installations à basse tension et à très basse tension, annexé à l'arrêté royal du 8 septembre 2019, version du SPF Économie intégrant l'arrêté royal du 6 octobre 2025 (applicable depuis le 1er avril 2026). Sous-section 4.4.1.4 : courant admissible calculé selon les règles de l'art, tableau 4.11 pour les installations domestiques. 4.4.3.2 : protection contre les surcharges. 4.4.2.1 : contrainte thermique de court-circuit. 5.2.1.2 et tableau 5.1 : sections minimales. 5.4.3.2, tableaux 5.9 et 5.10 : conducteur de protection. SPF Économie.
  • IEC 60364-5-52:2009 (3e édition, 20 octobre 2009, amendement 1 de novembre 2024) — Installations électriques à basse tension, partie 5-52 : choix et mise en œuvre des matériels électriques, canalisations. Méthodes de pose (tableau A.52.3), courants admissibles et facteurs de correction (annexe B), harmoniques de rang 3 (annexe E), chute de tension et repères des types A et B (annexe G). IEC Webstore.
  • Kabelwerk Eupen (fabricant belge) — « Technical Data for Low Voltage Power and Control cables 0,6/1 kV », LV IEC Katalog 08/2023, chapitres 4 et 5 : reproduction des tableaux de courants admissibles et de facteurs de l'édition 2009 (méthodes B1 à G, D1 et D2), coefficients k de court-circuit. Document Eupen (PDF).
  • ABB SACE — « Electrical installation handbook », volume 2 « Electrical devices », 4e édition, mars 2006, chapitre 2.2 : reproduction des tableaux de l'édition 2001, dont les colonnes A1 et A2, le groupement à l'air et le facteur de neutre chargé. Manuel ABB (PDF).
  • IEC 60898-1 et IEC 60269-1 — Disjoncteurs et fusibles basse tension : courants conventionnels de fonctionnement (If) et de non-fonctionnement (Inf).
  • Volta — « Calcul des câbles : une bénédiction ou une malédiction ? », 13 août 2018. Calcul des câbles non demandé en domestique, seul moyen de démontrer le respect du RGIE en non domestique ; le RGIE ne donne pas de chute de tension maximale. Fiche Volta (PDF).
  • Pratique française (NF C 15-100, guide UTE C 15-105), citée pour les deux options qu'elle seule chiffre : pose jointive en plusieurs couches et pose non symétrique de câbles en parallèle, telles que les reprend le catalogue Schneider Electric « Protection des circuits — détermination des sections de câbles ».

Questions fréquentes

Le RGIE demande que le courant admissible soit « calculé conformément aux règles de l'art » (Livre 1, sous-section 4.4.1.4) : en pratique, avec les tableaux de l'IEC 60364-5-52. Le calcul suit cinq étapes. 1) Déterminer le courant d'emploi IB du circuit. 2) Choisir la protection (disjoncteur ou fusibles gG) de calibre In ≥ IB. 3) Rattacher le mode de pose à une méthode de référence (A1 à F, D1 ou D2), puis calculer le facteur global de correction f, produit des facteurs de température, de groupement et, en pose enterrée, de résistivité du sol. 4) En déduire le courant admissible que doit présenter le câble, I'z = k × In / f, et lire la section dans la colonne de la méthode. 5) Vérifier la chute de tension, la contrainte thermique de court-circuit et la section minimale du Livre 1.

IB n'est pas la somme des puissances installées. On applique à chaque récepteur un coefficient d'utilisation Ku, qui traduit le fait qu'un moteur tourne rarement à sa puissance nominale (0,75 à 0,80 pour un moteur, 1 pour l'éclairage et le chauffage), puis, en remontant vers le tableau, un coefficient de simultanéité Ks entre les départs (de l'ordre de 0,9 pour 2 ou 3 circuits, 0,7 pour 5, 0,6 au-delà d'une dizaine, et 1 pour un jeu de barres à charge garantie). Une réserve d'extension Ke de 1,2 est couramment ajoutée sur les tableaux destinés à évoluer. Ces coefficients relèvent du bilan de puissance : ils dépendent du process et de l'exploitation, et se négocient avec le client. Ce sont des valeurs d'usage, pas des prescriptions réglementaires. La puissance obtenue se convertit ensuite en ampères par IB = P / (√3 × U × cos φ) en triphasé, U étant la tension entre lignes (400 V en 3N × 400 V, 230 V en 3 × 230 V).

Il n'existe pas de réponse unique. Aux conditions de référence, un câble multiconducteur cuivre PR posé sur chemin de câbles perforé (méthode E) admet 75 A en 10 mm², ce qui suffit pour un disjoncteur de 63 A. Le même câble en conduit sur un mur (méthode B2) n'admet plus que 60 A en 10 mm² et impose 16 mm², et chaque facteur de correction (groupement, température) peut faire monter la section d'un cran. Avec des fusibles gG de 63 A, le câble doit admettre environ 10 % de plus, soit 69,5 A. Sur une grande longueur, c'est la chute de tension qui décide. D'où l'intérêt d'un calcul complet plutôt que d'un abaque.

L'IEC 60364-5-52 rattache chaque mode de pose à une méthode de référence aux conditions de refroidissement équivalentes, et publie une colonne de courants admissibles par méthode. A1 et A2 : conduit dans une paroi thermiquement isolante. B1 et B2 : conduit ou goulotte sur un mur, avec des conducteurs isolés (B1) ou un câble multiconducteur (B2). C : câbles fixés contre une paroi ou sur un chemin de câbles non perforé. E : câble multiconducteur à l'air libre (chemin de câbles perforé, échelle). F : câbles unipolaires jointifs à l'air libre. D1 : fourreau enterré. D2 : câble directement enterré. Le mode de pose ne se corrige donc pas par un facteur : il désigne la colonne à lire.

Les tableaux de courants admissibles valent pour des conditions de référence : 30 °C à l'air ; 20 °C, 0,7 m de profondeur et un sol de 2,5 K·m/W en pose enterrée ; circuit seul. Le facteur de groupement tient compte de l'échauffement mutuel des circuits jointifs (jusqu'à −50 % pour 9 circuits en conduit). Le facteur de température corrige l'écart à la température de référence selon l'isolant. En pose enterrée s'ajoute la résistivité thermique du sol. Le facteur global est le produit de tous les facteurs applicables, complété le cas échéant par 0,86 pour un neutre chargé par les harmoniques de rang 3 (IEC 60364-5-52, annexe E).

Le PVC supporte 70 °C en service permanent. Le polyéthylène réticulé (PR, XLPE) et l'éthylène-propylène (EPR) supportent 90 °C : c'est l'isolant du câble XVB courant en Belgique. Sur chemin de câbles perforé (méthode E, trois conducteurs chargés), le passage du PVC au PR fait gagner 24 à 28 % de courant admissible, un gain qui vaut souvent une section normalisée. La tenue au court-circuit est également meilleure (k = 143 contre 115 pour une âme cuivre). Au-delà de 60 °C ambiants, le PVC sort du tableau des facteurs de température et n'est plus utilisable.

L'aluminium étant nettement plus résistif que le cuivre, il faut, à courant égal, monter d'une à deux sections normalisées : là où 95 mm² cuivre suffit, comptez 120 à 150 mm² aluminium selon la pose. Le calculateur compare directement les deux matériaux. Le RGIE ne fixe pas de section minimale propre à l'aluminium pour les conducteurs de ligne ; il en fixe une pour le conducteur PEN d'un schéma TN-C (16 mm²). Le catalogue aluminium de l'outil commence à 16 mm². Plus léger et moins cher à section équivalente, l'aluminium reste le choix des liaisons de forte puissance, au prix de connexions plus soignées (graisse de contact, cosses bimétal).

Le Livre 1 interdit les conducteurs de moins de 2,5 mm², sauf les cas de son tableau 5.1 (sous-section 5.2.1.2) : 1,5 mm² pour un circuit sans socle de prise, comme un éclairage ou un appareil fixe, et moins encore pour les circuits de commande et de signalisation. La règle vaut aussi en non domestique. Indiquez dans le calculateur si le circuit alimente des socles de prise : la section retenue ne descend alors pas sous 2,5 mm².

Le RGIE (Livre 1, 5.4.3.2, tableau 5.10) dispense de calcul un conducteur de protection dont la section suit celle des conducteurs de l'installation : la même section jusqu'à 16 mm², 16 mm² de 16 à 35 mm², puis la moitié au-delà de 35 mm², ramenée à la section normalisée la plus proche. Un départ en 240 mm² prend donc un PE de 120 mm², et un départ en 150 mm² un PE de 70 mm², la section normalisée la plus proche de 75 mm². Ces valeurs valent pour un PE du même métal que les conducteurs actifs ; sinon, sa section se détermine à conductance équivalente.

Lorsque le courant d'emploi dépasse ce qu'admet la plus grosse section pratique (couramment 240 ou 300 mm²), on pose plusieurs câbles identiques par phase. Le courant admissible est multiplié par le nombre de câbles, à condition d'une pose symétrique : même nature, même section, longueurs sensiblement égales, aucune dérivation en parcours et disposition symétrique. À défaut, l'IEC 60364-5-52 demande d'étudier la répartition des courants ; l'outil propose en option le facteur forfaitaire de 0,80 de la pratique française. Attention : chaque câble du groupe compte comme un circuit dans le facteur de groupement.

Non. Pour les installations domestiques, le RGIE donne directement le calibre maximal de la protection selon la section des conducteurs (Livre 1, tableau 4.11), avec une section minimale de 2,5 mm² sauf exceptions du tableau 5.1 : utilisez dans ce cas notre calculateur de section résidentiel. La méthode présentée ici s'applique aux installations industrielles et tertiaires, et l'abaque de cette page démarre à 32 A pour cette raison.