Structure · Béton armé

Calcul de linteau béton armé — section et ferraillage

1  Géométrie

m
m
cm
cm
cm

2  Charges

kN/ml
kN/ml
Combinaison ELU—

htri = 0.866·L (triangle équilatéral — effet d'arc) ; MEd = pu·L²/8

3  Matériaux & exposition

Linteau isostatique sur deux appuis simples. La charge de maçonnerie suit le modèle classique de l'effet d'arc (triangle à 60°) ; le dimensionnement béton armé suit la NBN EN 1992-1-1 et son annexe nationale belge (αcc = 0,85 en flexion). Pour un linteau intégré dans un chaînage, la vérification se fait dans le cadre du calcul global du voile.

Vue schéma

Vérification globale

—taux max

Renseignez les paramètres pour lancer les vérifications réglementaires.

NBN EN 1992-1-1 · ANB

Section, aciers et étriers d'un linteau béton armé au-dessus d'une baie : charge de maçonnerie reprise par effet d'arc, charges de plancher, moment ELU, ferraillage et vérification de la flèche selon la NBN EN 1992-1-1.

Mis à jour le

Tout comprendre sur le linteau en béton armé

Le linteau est la poutre horizontale qui franchit une ouverture (porte, fenêtre, baie vitrée) et reporte sur les jambages le poids de la maçonnerie située au-dessus, et parfois celui d'un plancher. Sa largeur b est en général égale à l'épaisseur du mur (20 cm pour un mur en blocs de 20), et sa hauteur h résulte du calcul. C'est l'un des éléments structuraux les plus courants d'une maison individuelle, mais aussi l'un des plus sous-estimés : un linteau trop souple fissure les enduits et bloque les menuiseries bien avant de menacer la stabilité.

Pour une petite baie faiblement chargée, un linteau préfabriqué du commerce suffit souvent. Le calcul devient réellement nécessaire dès qu'un plancher s'appuie près du linteau, que le mur au-dessus est haut et lourd (blocs pleins, pierre), ou que la portée dépasse ~1,20 m. Cet outil enchaîne alors la descente de charges de maçonnerie et le dimensionnement béton armé selon l'Eurocode 2 (NBN EN 1992-1-1 et son annexe nationale belge).

L'effet d'arc et les trumeaux

Les trumeaux sont les parties de mur plein situées de chaque côté de la baie : entre deux ouvertures, ou entre une ouverture et un angle. Leurs bords côté baie s'appellent les jambages. Le linteau s'y appuie, couramment sur 0,20 m de chaque côté (valeur d'usage).

Une maçonnerie hourdée ne pèse pas comme un tas de blocs posé sur le linteau. Liés au mortier, les blocs s'appuient les uns sur les autres, et les charges contournent l'ouverture : c'est l'effet d'arc. Au-dessus de la baie, le mur se comporte comme un arc invisible qui reporte son poids sur les trumeaux. Seule la maçonnerie située sous cet arc pèse vraiment sur le linteau. Le modèle classique la représente par un triangle équilatéral de base L (la portée libre) et de hauteur 0,866·L.

Si tout le mur pesait sur le linteau

trumeautrumeautout le mur10,5 kNbaie

Ce qui pèse vraiment : le triangle

trumeautrumeau60°60°effet d'arctriangle2,7 kNbaie
Baie de 1,50 m, 2,50 m de blocs béton creux de 20 cm au-dessus (14 kN/m³). Tout le mur situé au-dessus de la baie pèse 10,5 kN. Grâce à l'effet d'arc, le linteau n'en porte que le triangle à 60°, soit 2,7 kN : environ 4 fois moins. Le reste du mur descend dans les trumeaux, en ambre.

Ce modèle est une règle de l'art de la maçonnerie, et non une prescription normative : on le retrouve chez les fabricants de linteaux préfabriqués sous le nom de « charge de maçonnerie triangulée », mais il ne figure pas dans l'Eurocode 2.

Quand l'arc ne se forme pas

Le triangle suppose un mur continu, hourdé et chaîné sur au moins 0,866·L au-dessus de la baie. Quatre situations sortent de ce cadre ; les trois premières sont dessinées ci-dessous, avec le même code couleur que le schéma du calculateur.

1. Mur trop bas

trumeautrumeautrapèzetout pèsebaie

2. Plancher dans le triangle

trumeautrumeauplancherplancher + murtout pèsebaie

3. Trumeau trop étroit

trumeaueffet d'arcpousséearc sans appuià vérifierbaiebaievoisine
1. Le mur s'arrête sous le sommet du triangle : l'arc n'a pas la place de se former, toute la maçonnerie présente pèse (trapèze). 2. Un plancher posé dans cette hauteur charge le linteau ; posé plus haut, il descend dans les trumeaux. 3. L'arc pousse vers l'extérieur : un trumeau trop étroit, entre deux baies ou près d'un angle, ne le retient pas.
  • Mur trop bas. Si la maçonnerie s'arrête sous le sommet du triangle, l'arc n'a pas la place de se former : toute la maçonnerie présente pèse sur le linteau. La zone de charge devient un trapèze, et l'outil gère ce cas automatiquement.
  • Plancher dans le triangle. Un plancher posé à moins de 0,866·L au-dessus du linteau le charge directement (voir ci-dessous). Posé plus haut, il est repris par l'arc et descend dans les trumeaux.
  • Trumeau trop étroit. Comme une voûte, l'arc pousse vers l'extérieur. Entre deux baies rapprochées ou près d'un angle, le trumeau peut ne pas retenir cette poussée. L'outil ne connaît pas la largeur des trumeaux : ce point reste à vérifier sur place.
  • Maçonnerie fraîche ou fissurée. Tant que le mortier n'a pas pris, ou si le mur est fissuré, l'arc ne travaille pas et la charge réelle dépasse le triangle. Gardez le linteau étayé jusqu'à ce que le béton et la maçonnerie qu'il porte aient durci.

Charges de plancher

Si un plancher (étage, terrasse) prend appui sur le mur à l'intérieur de la zone d'influence — c'est-à-dire à moins de 0,866·L au-dessus du linteau —, ses charges permanentes G et d'exploitation Q s'ajoutent à la charge de maçonnerie. S'il repose plus haut, il transmet directement aux jambages et n'entre pas dans le calcul. C'est le paramètre le plus dimensionnant de tout le problème, bien avant la portée.

Quelle section pour un linteau de 2, 3, 4 ou 6 mètres ?

L'abaque ci-dessous donne, pour chaque portée, la plus petite hauteur normalisée (par rangs de 5 cm, à partir de 20 cm) qui satisfait simultanément les trois critères de la NBN EN 1992-1-1 : flexion au pivot A/B, non-écrasement des bielles de béton et flèche par élancement. Les deux moitiés du tableau montrent le seul paramètre qui compte vraiment : la présence ou non d'un plancher dans la zone d'influence.

Hypothèses — mur de 20 cm en blocs béton creux (14 kN/m³), linteau sur toute l'épaisseur du mur, maçonnerie disponible au-dessus suffisante pour développer le triangle complet, béton C25/30, acier B500, classe d'environnement EI (intérieur sec). Colonne « avec plancher » : plancher courant d'habitation repris de part et d'autre, G = 12 kN/ml et Q = 4 kN/ml. Ces valeurs sont une illustration, pas une prescription : saisissez vos charges réelles dans le calculateur.

Portée libre LMur seul — aucun plancherMur + plancher courant
Section b × hAciers inférieursMEdSection b × hAciers inférieursMEd
1,00 m20 × 20 cm2 HA 100,4 kN·m20 × 20 cm2 HA 103,1 kN·m
1,20 m20 × 20 cm2 HA 100,6 kN·m20 × 20 cm2 HA 104,6 kN·m
1,50 m20 × 20 cm2 HA 101,1 kN·m20 × 20 cm2 HA 107,3 kN·m
2,00 m20 × 20 cm2 HA 102,3 kN·m20 × 20 cm2 HA 1213,4 kN·m
2,50 m20 × 20 cm2 HA 104,3 kN·m20 × 25 cm2 HA 1421,9 kN·m
3,00 m20 × 20 cm2 HA 107,0 kN·m20 × 25 cm4 HA 1232,4 kN·m
3,50 m20 × 25 cm2 HA 1011,4 kN·m20 × 30 cm3 HA 1645,9 kN·m
4,00 m20 × 25 cm2 HA 1216,5 kN·m20 × 35 cm3 HA 1662,2 kN·m
5,00 m20 × 35 cm2 HA 1433,0 kN·m20 × 40 cm4 HA 16103,4 kN·m
6,00 m20 × 40 cm2 HA 1656,3 kN·m20 × 50 cm4 HA 20159,3 kN·m

Ce tableau est calculé par le moteur de l'outil au moment du rendu de la page, et non recopié : les valeurs affichées sont exactement celles que produirait le calculateur avec les mêmes hypothèses. Il donne les aciers inférieurs (tendus) ; les aciers supérieurs constructifs restent à 2 HA 10 sur toutes les lignes du cas « mur seul », et suivent la règle As/4 dans le cas chargé.

Deux enseignements se lisent directement dans ces chiffres. D'abord, la portée seule dimensionne peu : sans plancher, une baie de 3 m se franchit avec la même section 20 × 20 cm et les mêmes 2 HA 10 qu'une baie de 1 m, parce que le triangle de maçonnerie reste léger et que le ferraillage minimal réglementaire commande. Ensuite, le plancher change tout : à 4 m, il fait passer la hauteur de 25 à 35 cm et le moment de 16,5 à 62,2 kN·m, soit un facteur 3,8.

Comment calculer un linteau en béton armé ?

La méthode implémentée par l'outil suit la chaîne classique d'une note de calcul : descente de charges par effet d'arc, combinaison ELU (NBN EN 1990), puis flexion, effort tranchant et flèche selon l'Eurocode 2.

1

Charge de maçonnerie (effet d'arc)

Le triangle d'influence a pour base la portée libre L et pour hauteur htri. Son poids total Gtri dépend de l'épaisseur du mur e et du poids volumique γ de la maçonnerie (14 kN/m³ pour des blocs creux, 13 pour de la brique creuse, 18 pour de la brique pleine ou de la pierre, 25 pour du béton plein). On le ramène ensuite à une charge uniformément répartie équivalente.

Hauteur du triangle d'influence

htri = L × sin 60° ≈ 0,866 · L

L : portée libre de la baie (m) · le triangle est équilatéral, d'où l'angle de 60° à la base

Charge répartie équivalente de maçonnerie

gtri =
½ · L · htri · e · γL

e : épaisseur du mur (m) · γ : poids volumique de la maçonnerie (kN/m³) · le résultat est indépendant de L au numérateur près : g_tri = ½ · h_tri · e · γ

2

Combinaison ELU

On additionne la charge de maçonnerie, le poids propre du linteau (b·h·25 kN/m³) et, le cas échéant, les charges de plancher, puis on pondère selon la combinaison fondamentale de la NBN EN 1990 :

Combinaison fondamentale ELU

pu = 1,35 × G + 1,50 × Q

G : charges permanentes cumulées (kN/ml) — maçonnerie + poids propre + plancher · Q : charges d'exploitation (kN/ml)

3

Sollicitations (poutre isostatique)

Le linteau est modélisé en poutre sur deux appuis simples, hypothèse sécuritaire vis-à-vis de la flexion en travée, l'encastrement partiel dans la maçonnerie étant couvert par les aciers supérieurs constructifs :

Moment et effort tranchant maximaux

MEd =
pu · L²8
;VEd =
pu · L2

pu : charge pondérée ELU (kN/ml) · L : portée libre (m) · MEd est maximal à mi-portée, VEd sur appuis

4

Aciers de flexion (EC2 §6.1, pivot A/B)

Le moment réduit μ est comparé à μlim = 0,372 (au-delà, il faudrait des aciers comprimés). On en déduit le bras de levier z puis la section d'acier tendue, bornée par le ferraillage minimal de l'EC2 §9.2.1.1 : As,min = max(0,26 · fctm/fyk · b·d ; 0,0013 · b·d). Les aciers supérieurs constructifs sont pris à As/4 minimum, et jamais moins de 2 HA 10.

Moment réduit, bras de levier et section d'acier

μ =
MEdb · d² · fcd
;z = d · (1 − 0,4·α);As =
MEdz · fyd

b : largeur de la section (m) · d : hauteur utile = h − (enrobage + cadre + Ø/2) · fcd = fck/1,5 · fyd = fyk/1,15 = 435 MPa pour du B500 · α : hauteur relative de l'axe neutre

5

Effort tranchant et étriers (EC2 §6.2)

Si VEd ≤ VRd,c (résistance du béton seul, EC2 §6.2.2), des cadres constructifs suffisent. Sinon, ils sont dimensionnés par la méthode des bielles à θ = 45°, sans descendre sous le minimum Asw,min/s = 0,08·√fck·b / fyk (EC2 §9.2.2), avec un espacement plafonné à 0,75·d. L'outil vérifie aussi le non-écrasement des bielles (VEd ≤ VRd,max).

Armatures transversales

Asws
=
VEdz · fyd · cot θ
;smax = 0,75 · d

Asw : section d'un cours de cadres (cm²) · s : espacement (m) · z : bras de levier · θ = 45° retenu, d'où cot θ = 1 (hypothèse sécuritaire vis-à-vis de θ = 21,8°)

6

Flèche : vérification par élancement (EC2 §7.4.2)

C'est la vérification qui manque le plus souvent aux calculs de linteau, alors que c'est elle qui décide de la fissuration des enduits et du bon fonctionnement des menuiseries. L'Eurocode 2 dispense d'un calcul de flèche explicite si l'élancement L/d reste sous une limite qui dépend de la classe de béton et du taux d'armature ρ = As/(b·d). Plus la section est armée, plus cette limite se resserre.

Élancement limite — expression (7.16), cas ρ ≤ ρ₀

ld
= K [ 11 + 1,5 √fck
ρ₀ρ
+ 3,2 √fck (
ρ₀ρ
− 1)3/2 ]

ρ₀ = √fck · 10⁻³ · ρ : taux d'armature tendue requis à mi-portée · K = 1,0 pour une poutre sur appuis simples · au-delà de ρ₀, une seconde expression prend le relais

Dimensions, appuis et mise en œuvre

Section

b = épaisseur du mur ; h ≥ L/15 comme point de départ, en pratique 20 cm mini (un rang de blocs). Linteau très chargé : viser L/10 à L/12, la flèche devenant le critère décisif.

Appuis

Repos d'appui de 0,20 m de chaque côté (valeur d'usage), sur maçonnerie saine, de préférence blocs pleins ou remplis de béton. Si la contrainte locale dans le trumeau est dépassée, augmenter la hauteur du linteau plutôt que la longueur d'appui.

Béton & enrobage

C25/30 courant (la NBN B 15-001 exige C30/37 en EE3). Enrobage selon la classe d'environnement : 25 mm en EI (intérieur sec), 35 mm en EE1 ou EE2, 40 mm en EE3 (façade exposée au gel et à la pluie). Volume à couler : b × h × (L + 2 × 0,20 m), appuis compris.

Coulé en place ou préfabriqué

Prélinteau + blocs U remplis pour les petites baies ; coffrage étayé et ferraillage calculé au-delà. Préfabriqué : vérifier MRd fabricant ≥ MEd. La NBN EN 845-2 couvre les linteaux préfabriqués jusqu'à 4,5 m de portée.

Comment ce calcul est vérifié

Le moteur de cet outil est couvert par une suite de tests automatisés construite sur des références extérieures, et non sur ses propres sorties.

  • Table publiée de l'Eurocode 2. Le critère de flèche repose sur l'expression (7.16) de l'EC2 §7.4.2, dont les résultats sont comparés au Tableau 7.4N de la même norme. Sur une poutre à appuis simples en béton C30/37, la ligne « béton fortement sollicité » (ρ = 1,5 %) est retrouvée exactement — 14,00 contre 14 publié — et la ligne « béton faiblement sollicité » (ρ = 0,5 %) donne 20,5 contre 20 publié, soit 2,6 % d'écart : la table normative arrondit vers le bas, dans le sens sécuritaire. Un test vérifie en outre que les deux branches de l'expression se raccordent exactement en ρ = ρ₀, où elles valent toutes deux 11 + 1,5·√fck.
  • Vérité analytique sur la statique et la géométrie. MEd = pu·L²/8 et VEd = pu·L/2 sont recalculés hors du moteur, et le bouclage des réactions (2·VEd = pu·L) est vérifié à 10⁻⁹ près. Côté maçonnerie, la hauteur du triangle équilatéral, son aire et l'aire du trapèze tronqué sont réécrites indépendamment ; le raccordement entre les deux modèles, au moment précis où le mur atteint 0,866·L, est continu à 10⁻⁶ près.
  • Formules normatives réécrites indépendamment. As,min (§9.2.1.1), Asw,min et smax = 0,75·d (§9.2.2), VRd,c avec son plancher vmin et l'écrêtage de ρl à 2 % (§6.2.2), VRd,max avec ν₁ = 0,6(1 − fck/250) (§6.2.3) : chacune est recomposée dans le test pour les trois classes de béton proposées, et recoupée avec la sortie du moteur.
  • Le tableau publié est généré par le moteur. L'abaque de cette page n'est pas recopié : il est produit au rendu par la même fonction de calcul que le calculateur. Les tests re-vérifient chaque ligne (flexion, bielles, flèche), contrôlent que la hauteur annoncée est bien la plus petite admissible — la section immédiatement inférieure échoue — et que hauteur, moment et effort tranchant croissent avec la portée. Une divergence entre ce que la page affiche et ce que l'outil calcule est structurellement impossible.
  • Entrées dégradées. Mur de hauteur nulle, épaisseur nulle, plancher coché sans charge saisie, portée minimale : aucun résultat publié ne devient NaN. Une section trop faible signale explicitement le dépassement de μlim au lieu de le masquer.

Références

  • NBN EN 1992-1-1:2005 + A1:2015 et NBN EN 1992-1-1-ANB:2010 — Eurocode 2, calcul des structures en béton, partie 1-1. Flexion (§6.1), effort tranchant (§6.2.2 et §6.2.3), ferraillage minimal (§9.2.1.1 et §9.2.2), flèche par élancement (§7.4.2, expression 7.16 et tableau 7.4N, repris par l'ANB).
  • Febelcem, Condensé de l'Eurocode 2, calcul selon les annexes nationales belges (mai 2017) — αcc = 0,85 en flexion, 1,00 pour les bielles d'effort tranchant.
  • NBN EN 1990:2002 + A1:2006 et NBN EN 1990-ANB:2013 — combinaison fondamentale 1,35 G + 1,5 Q (équation 6.10), lue dans la fiche Eurocode EN 1990 du CSTC et du NBN.
  • NBN EN 1991-1-1:2002 et NBN EN 1991-1-1-ANB:2005 — poids volumiques et charges d'exploitation : habitation 2 kN/m² dans l'hypothèse de plancher de l'abaque (fiche CSTC/NBN).
  • NBN EN 845-2 — composants accessoires de maçonnerie, partie 2 : linteaux préfabriqués jusqu'à 4,5 m de portée. Vérifiez l'édition en vigueur avant tout usage contractuel.
  • NBN EN 206:2013+A1:2016 et NBN B 15-001:2018 — classes d'environnement (EI, EE1…) qui commandent l'enrobage, avec leurs enrobages minimaux de durabilité (Dossiers du CSTC n° 3/2007).

Questions fréquentes

Tout dépend de ce que le linteau porte, bien plus que de la portée elle-même. Dans un mur de 20 cm en blocs creux qui ne reçoit aucun plancher, une section de 20 × 20 cm armée de 2 HA 10 couvre les portées jusqu'à 3 m, et 20 × 25 cm suffit encore à 4 m : la maçonnerie s'autoporte en grande partie par effet d'arc, et seul le triangle situé au-dessus de la baie pèse réellement.

Dès qu'un plancher courant s'appuie sur le mur dans cette zone d'influence, les valeurs changent d'échelle : 20 × 20 cm et 2 HA 12 à 2 m, 20 × 25 cm et 4 HA 12 à 3 m, 20 × 35 cm et 3 HA 16 à 4 m. L'abaque de cette page donne les deux colonnes côte à côte pour les portées de 1 à 6 m, et le calculateur permet de saisir vos charges réelles.

Une maçonnerie hourdée au-dessus d'une baie ne pèse pas intégralement sur le linteau : les charges contournent l'ouverture par effet d'arc et redescendent dans les trumeaux. Le modèle classique retient donc un triangle équilatéral de base L (la portée libre) et de hauteur h_tri = L·sin 60° ≈ 0,866·L : seule la maçonnerie contenue dans ce triangle charge le linteau. Son poids, ramené en kN/ml, est la charge de base du calcul.

Ce modèle est une règle de l'art de la maçonnerie, pas une prescription normative : il suppose un mur continu, hourdé et chaîné sur au moins 0,866·L au-dessus de la baie. Si le mur disponible est plus bas, la zone d'influence est tronquée en trapèze — l'outil le gère automatiquement.

Uniquement lorsque le plancher s'appuie sur le mur à moins de 0,866·L au-dessus du linteau, c'est-à-dire à l'intérieur du triangle d'influence. Ses charges permanentes G et d'exploitation Q (en kN/ml) s'ajoutent alors à la charge de maçonnerie. Au-delà de cette hauteur, le plancher transmet directement aux trumeaux et n'intervient pas dans le dimensionnement du linteau.

C'est de loin le paramètre le plus dimensionnant : à 4 m de portée, la présence d'un plancher courant fait passer la hauteur nécessaire de 25 à 35 cm et la section d'acier de 1,9 à 5,3 cm². Un doute sur ce point coûte plus cher qu'une erreur de 50 cm sur la portée.

L'usage de pré-dimensionnement retient h ≥ L/15, avec en pratique un minimum de l'ordre de 20 cm pour un linteau coulé en place (la hauteur d'un rang de blocs). Pour un linteau fortement chargé, on vise plutôt L/10 à L/12. Attention : ce ratio est un usage de conception, pas une exigence normative.

Le véritable critère est la flèche. La NBN EN 1992-1-1 §7.4.2 permet de s'en dispenser par un calcul explicite si l'élancement L/d reste sous une limite qui dépend de la classe de béton et du taux d'armature. C'est cette vérification que l'outil applique, et c'est elle qui impose une retombée généreuse sur les linteaux chargés — une flèche excessive fissure les enduits et bloque les menuiseries bien avant de menacer la stabilité.

On retient couramment 20 cm de repos d'appui de chaque côté de la baie, sur une maçonnerie saine, de préférence sur des blocs pleins ou remplis de béton. C'est une valeur d'usage : aucune longueur minimale belge chiffrée n'a été trouvée dans une source publique, et c'est aussi le minimum du document technique français de référence (NF DTU 20.1).

La réaction d'appui du linteau crée dans le trumeau un supplément local de contrainte, à vérifier selon la NBN EN 1996-1-1 et son annexe nationale belge. Si la contrainte admissible de la maçonnerie est dépassée, la parade est d'augmenter la hauteur du linteau, pas d'allonger l'appui indéfiniment.

En lit inférieur : les aciers de flexion calculés au pivot A/B, sans jamais descendre sous le ferraillage minimal de la NBN EN 1992-1-1 §9.2.1.1, soit As,min = max(0,26 · fctm/fyk · b·d ; 0,0013 · b·d). Sur les petites baies non chargées, c'est ce minimum qui commande : 2 HA 10 suffisent, la flexion ne demandant parfois que 0,4 cm².

En lit supérieur : des aciers constructifs d'au moins As/4, et jamais moins de 2 HA 10, pour reprendre l'encastrement partiel que le modèle isostatique ne représente pas. Les cadres (ou étriers) sont dimensionnés si V_Ed dépasse V_Rd,c ; sinon on place le ferraillage transversal minimal Asw/s = 0,08·√fck·b/fyk (§9.2.2), avec un espacement plafonné à 0,75·d. L'usage de chantier resserre les cadres au voisinage des appuis, là où l'effort tranchant est maximal.

Le volume se calcule sur la longueur totale coulée, appuis compris : V = b × h × (L + 2 × 0,20 m). Un linteau de 3 m de portée en 20 × 25 cm représente ainsi 0,17 m³, soit environ 400 kg de béton frais — un volume qui se prépare encore à la bétonnière, mais qui justifie déjà une livraison toupie au-delà de 4 m de portée ou de deux linteaux à couler.

Le dosage traditionnel de chantier pour un béton de structure est de 350 kg de ciment par m³. Ce n'est pas une prescription normative : la NBN EN 206 et la NBN B 15-001 raisonnent en classe de résistance (C25/30 pour un linteau courant) et en classe d'environnement, pas en recette. Un béton prêt à l'emploi commandé en C25/30 avec la bonne classe d'exposition est toujours préférable à un dosage improvisé.

Jusqu'à environ 1,20 m de portée peu chargée, un linteau préfabriqué ou un prélinteau servant de coffrage perdu sous des blocs U remplis de béton suffit généralement : vérifiez que le moment résistant M_Rd annoncé par le fabricant dépasse le M_Ed calculé par cet outil. La norme produit des linteaux préfabriqués, NBN EN 845-2, borne d'ailleurs son domaine à 4,5 m de portée au-dessus de l'ouverture libre.

Au-delà, ou dès qu'un plancher charge le linteau, un linteau béton armé coffré, ferraillé et coulé en place d'après une note de calcul reste la solution de référence.