Structure · Béton armé

Descente de charges — mur porteur et poteau

1  Niveaux du bâtiment

Saisie niveau par niveau, du haut vers le bas — la dernière ligne est le pied de l'élément.

R+2

haut du bâtiment

m²
m
m
kN
R+1
m²
m
m
kN
RDC

pied — effort transmis

m²
m
m
kN

2  Effort en pied

NEd ELU—

NEd,ELU = 1,35·G + 1,50·Q · NEd,ELS = G + Q

Outil de pré-dimensionnement — descente de charges verticale d'un mur ou d'un poteau selon la NBN EN 1991-1-1 et son annexe nationale belge. La neige (NBN EN 1991-1-3) et le vent (NBN EN 1991-1-4) ne sont pas intégrés automatiquement.

Vue schéma

Vérification globale

—taux max

Renseignez les paramètres pour lancer les vérifications réglementaires.

NBN EN 1991-1-1 · NBN EN 1990 (ANB)

Calcul niveau par niveau de la charge transitant par un mur porteur ou un poteau, selon la NBN EN 1991-1-1 et son annexe nationale belge (ANB). Surfaces d'influence, charges permanentes et d'exploitation, dégression αn en option, combinaisons ELU et ELS automatiques.

Mis à jour le

Tout comprendre sur la descente de charges

La descente de charges est l'étape qui précède tout dimensionnement de poteau, mur porteur ou fondation : elle détermine le cheminement des charges depuis la toiture jusqu'au sol et aboutit à l'effort normal NEd repris par chaque élément porteur vertical. Sans elle, impossible de dimensionner un poteau, un voile ou une semelle de fondation : c'est la donnée d'entrée de tous ces calculs.

Principe du cumul niveau par niveau

On parcourt le bâtiment du haut vers le bas. À chaque niveau, l'élément porteur reçoit : le poids propre du plancher et de ses revêtements (charge permanente G) multiplié par la surface d'influence, la charge d'exploitation Q définie par la NBN EN 1991-1-1 (§ 6.3) et son ANB sur cette même surface, et le poids du mur ou du voile situé au-dessus du plancher considéré. Ces apports s'additionnent de proche en proche : l'effort augmente en descendant, et la dernière ligne du tableau (le pied de l'élément) donne la charge à transmettre aux fondations.

Surface d'influence : la clé du calcul

La surface d'influence — également appelée surface tributaire ou surface afférente — est l'aire de plancher effectivement reprise par l'élément porteur. Elle est délimitée par les mi-portées des dalles adjacentes, en supposant que chaque dalle se partage à parts égales entre ses appuis. Pour un poteau intérieur d'une trame régulière :

Surface d'influence d'un poteau intérieur

Strib =
Lx1 + Lx22
×
Ly1 + Ly22

Lx1, Lx2 : portées des travées de part et d'autre dans un sens (m) · Ly1, Ly2 : portées dans l'autre sens (m) · Strib : surface d'influence (m²)

Sur une trame régulière, cette formule se lit très simplement : un poteau intérieur reprend exactement une trame, un poteau de rive la moitié, un poteau d'angle le quart. Pour une trame de 5,00 × 5,00 m :

Position du poteau dans la tramePart de trame repriseStrib (m²)
Poteau central125,00
Poteau de rive1/212,50
Poteau d'angle1/46,25

Pour un mur porteur, on raisonne par tronçon : Strib = longueur de mur reprise × demi-portées des dalles de part et d'autre. Un contrôle simple et efficace : la somme des surfaces d'influence de tous les porteurs d'un niveau doit redonner la surface totale du plancher. Si ce n'est pas le cas, une zone de plancher a été oubliée ou comptée deux fois.

Charges permanentes et charges d'exploitation

Les charges permanentes G regroupent le poids propre de la structure (dalle, mur, charpente) et les équipements fixes : revêtements de sol, chapes, cloisons fixes, étanchéité et isolation en toiture. Les poids propres du béton se déduisent directement de son poids volumique nominal, 25 kN/m³ pour du béton armé selon l'annexe A de la NBN EN 1991-1-1 : une dalle pleine de 20 cm pèse ainsi 5,0 kN/m², un voile de 20 cm également.

Les charges d'exploitation Q dépendent de l'usage des locaux. En Belgique, ce sont celles de la NBN EN 1991-1-1 et de son annexe nationale (NBN EN 1991-1-1-ANB:2005), que le CSTC et le NBN reprennent dans une fiche Eurocode : 2,0 kN/m² pour le logement, 3,0 kN/m² pour les bureaux, 5,0 kN/m² pour les commerces. Les escaliers (3,0 kN/m²) et les balcons (4,0 kN/m²) des catégories A, B et C1 ont leurs propres valeurs. Le tableau complet figure plus bas sur cette page.

Deux précisions de l'ANB : un local qui relève à la fois de la catégorie C et des catégories A, B ou D se classe en A, B ou D ; les valeurs du stockage (E1, E2) sont des minimums, à porter au niveau des marchandises réellement entreposées.

Toiture inaccessible : une charge qui dépend de l'aire et de la pente

Pour une toiture accessible seulement pour l'entretien (catégorie H), l'ANB ne fixe pas une valeur unique : qk diminue avec l'aire chargée A et avec la pente α, entre 0 et 0,8 kN/m². L'outil prend pour A la surface d'influence du niveau de toiture, c'est-à-dire l'aire de toiture que reprend l'élément porteur, et pour α la pente saisie (0° par défaut, le cas le plus chargé). Une toiture-terrasse accessible (catégorie I) prend la valeur de son usage : celle du logement pour une terrasse privative.

Toiture inaccessible (catégorie H) — ANB, note (10)

qk = max(0,8 − A/100 ; 0,2)si α ≤ 20°;×
60 − α40
si 20° < α < 60°

qk : charge répartie (kN/m²) · A : aire chargée, ici la surface d'influence du niveau de toiture (m²) · α : pente de la toiture (°). Au-delà de 60°, qk = 0.

Comment calculer une descente de charges : méthode pas à pas

La méthode implémentée par l'outil suit le déroulé classique d'une note de calcul de descente de charges, conforme à la NBN EN 1991-1-1 (actions) et à la NBN EN 1990 (combinaisons), avec leurs annexes nationales belges.

1

Charges apportées par chaque niveau

Pour chaque niveau i, on calcule l'apport en charge permanente (plancher × surface d'influence, plus le poids du mur du niveau et un éventuel complément ponctuel) et l'apport en charge d'exploitation :

Apport permanent d'un niveau

Gi = gplancher × Strib + gmur × h × L + Gcompl

Gi : charge permanente apportée par le niveau i (kN) · gplancher : poids surfacique du plancher fini (kN/m²) · Strib : surface d'influence (m²) · gmur : poids surfacique de la paroi (kN/m²) · h, L : hauteur et longueur de mur reprises (m) · Gcompl : complément ponctuel, poids propre du poteau, retombée de poutre, acrotère (kN)

Apport variable d'un niveau

Qi = q × Strib

Qi : charge d'exploitation apportée par le niveau i (kN) · q : charge répartie de la catégorie d'usage selon la NBN EN 1991-1-1 et son ANB (kN/m²), fonction de l'aire et de la pente pour une toiture H · Strib : surface d'influence (m²)

La fiche de l'ANB donne également, pour chaque catégorie, une charge concentrée Qk. Elle sert aux vérifications locales — poinçonnement d'une dalle, marche d'escalier — et n'intervient pas dans une descente de charges gravitaire, qui ne manipule que la charge répartie.

2

Cumul du haut vers le bas

Les charges permanentes et variables se cumulent séparément, niveau après niveau. Au droit du niveau k (compté depuis le haut), l'élément porteur reprend :

Cumul au niveau k

G(k) = Σ Gi;Q(k) = Σ Qi(somme des niveaux situés au-dessus, i = 1 à k)

G(k), Q(k) : charges permanentes et d'exploitation cumulées au niveau k (kN) · i : indice du niveau, compté depuis le haut du bâtiment

G et Q doivent rester dans des colonnes distinctes jusqu'au bout : les coefficients partiels appliqués ensuite ne sont pas les mêmes, et certaines vérifications (soulèvement, équilibre statique) exigent de connaître G seul.

3

Combinaisons d'actions

L'effort normal de calcul s'obtient par la combinaison fondamentale de la NBN EN 1990 et de son ANB (§ 6.4.3.2, équation 6.10) à l'ELU, et par la combinaison caractéristique à l'ELS. L'ANB admet aussi le couple 6.10a / 6.10b, mais le coefficient ξ = 0,85 n'y est permis que si le coefficient de variation du poids propre reste sous 10 % : l'outil retient 6.10.

Combinaison fondamentale — ELU

NEd,ELU = 1,35 × ΣG + 1,5 × ΣQ

NEd,ELU : effort normal de calcul (kN) · γG = 1,35 : coefficient partiel sur les actions permanentes défavorables · γQ = 1,50 : coefficient partiel sur l'action variable dominante (NBN EN 1990 + ANB)

Combinaison caractéristique — ELS

NEd,ELS = ΣG + ΣQ

NEd,ELS : effort normal en service (kN), utilisé pour la contrainte transmise au sol — les actions y sont prises à leur valeur caractéristique, sans pondération

4

Exploiter le résultat

La valeur ELU sert au dimensionnement béton armé : compression du poteau ou du voile, ferraillage de la semelle. La valeur ELS sert à la vérification de la contrainte transmise au sol. Pour une semelle filante sous mur porteur, on ramène l'effort total à un effort linéique en divisant par la longueur de mur reprise :

Effort linéique sous un mur

nEd =
NEdL
(kN/ml)

nEd : effort par mètre de mur (kN/ml) · NEd : effort total en pied sur le tronçon (kN) · L : longueur de mur reprise (m)

Un ordre de grandeur utile pour contrôler la vraisemblance du résultat : un bâtiment courant en béton armé pèse de l'ordre de 8 à 12 kN/m² de plancher et par niveau (G + Q à l'ELS). Un écart important par rapport à cette fourchette doit alerter sur une erreur de surface d'influence ou d'unité.

Exemple résolu : poteau central d'un bâtiment R+4

Immeuble de logements sur trame régulière 5,00 × 5,00 m. Le poteau étudié est intérieur : il reprend donc une trame entière, soit 25,00 m² de surface d'influence à chaque niveau. Cinq planchers le chargent — la toiture plate, puis R+3, R+2, R+1 et le rez-de-chaussée.

  • Toiture plate : dalle étanchée et isolée, 8,0 kN/m². Toiture inaccessible (catégorie H), plate : qk = 0,8 − 25/100 = 0,55 kN/m² pour 25 m² d'aire chargée.
  • Niveaux courants : dalle pleine 20 cm + revêtement, 6,5 kN/m². Planchers de logement, catégorie A : 2,0 kN/m².
  • Poids propre du poteau : section 25 × 25 cm sur 2,70 m de hauteur d'étage, soit 4,22 kN repris à chaque niveau.

Aucun mur n'est porté par ce poteau : la colonne « mur » est donc vide, et le complément permanent se limite au poids propre du poteau. Voici le cumul, niveau par niveau, sans dégression :

NiveauApport G (kN)Apport Q (kN)ΣG (kN)ΣQ (kN)NEd,ELS (kN)NEd,ELU (kN)
Toiture-terrasse204,2213,75204,2213,75217,97296,32
R+3166,7250,00370,9463,75434,69596,39
R+2166,7250,00537,66113,75651,41896,46
R+1166,7250,00704,38163,75868,131196,53
RDC166,7250,00871,09213,751084,841496,60

En pied de poteau, l'effort à reprendre vaut donc NEd = 1496,6 kN à l'ELU et 1084,8 kN à l'ELS. Le contrôle de vraisemblance passe : 1085 kN répartis sur 5 niveaux de 25 m² donnent 8,7 kN/m² par niveau, dans la fourchette de 8 à 12 kN/m² attendue pour un bâtiment courant en béton armé.

Avec la dégression αn : le pied du poteau reprend 4 étages de logements, d'où αn = 0,85. La charge de toiture n'est pas réduite. ΣQ passe de 213,8 à 183,8 kN, et NEd,ELU de 1496,6 à 1451,6 kN, soit 3 % de moins.

C'est cette valeur ELU qui alimente la vérification du poteau en compression et au flambement, et le couple ELU/ELS qui alimente le dimensionnement de la semelle de fondation. Un poteau de rive dans le même bâtiment ne reprendrait que 12,50 m² par niveau, un poteau d'angle 6,25 m² — soit, à charges égales, des efforts de l'ordre de la moitié et du quart.

Valeurs de charges courantes

Ces deux tableaux sont le catalogue même de l'outil : ce qui s'affiche ici est ce que le calcul utilise. Les charges d'exploitation sont celles de l'annexe nationale belge de la NBN EN 1991-1-1. Les poids propres des dalles pleines et des voiles se déduisent du poids volumique du béton armé ; les autres poids permanents sont des valeurs d'usage de pré-dimensionnement, à recalculer sur les épaisseurs et matériaux réels pour une note de calcul d'exécution.

Charges d'exploitation Q — NBN EN 1991-1-1 + ANB

Cat.Usageq (kN/m²)
AHabitation, résidentiel2,0
A, B, C1Escaliers3,0
A, B, C1Balcons4,0
BBureaux3,0
C1Espaces équipés de tables3,0
C2Espaces équipés de sièges fixes4,0
C3Espaces sans obstacle à la circulation5,0
C4Activités physiques5,0
C5Foules importantes5,0
D1Commerces de détail5,0
D2Grands magasins5,0
E1Stockage (valeurs minimales)≥ 7,5
E2Usage industriel (valeurs minimales)≥ 5,0
FVéhicules légers (≤ 30 kN)2,5
IToiture accessible, usage d'habitation (valeurs de la catégorie A)2,0
HToiture inaccessible (entretien et réparations courants)0 à 0,8

Source : fiche Eurocode EN 1991-1-1 du CSTC et du NBN (décembre 2015), d'après la NBN EN 1991-1-1-ANB:2005. Escaliers et balcons : catégories A, B et C1. E1, E2 : valeurs minimales. H : selon l'aire chargée et la pente (formule plus haut). I : selon la catégorie d'usage, ici l'habitation.

Charges permanentes G

ÉlémentG (kN/m²)Origine
Dalle pleine 18 cm + revêtement6,018 cm × 25 kN/m³
Dalle pleine 20 cm + revêtement6,520 cm × 25 kN/m³
Poutrains et entrevous béton 16+4 + revêtement4,3valeur d'usage
Poutrains et entrevous béton 20+4 + revêtement4,7valeur d'usage
Plancher bois courant1,5valeur d'usage
Toiture plate étanchée + isolation8,0valeur d'usage
Toiture tuiles + charpente0,9valeur d'usage
Voile BA 20 cm5,020 cm × 25 kN/m³
Voile BA 16 cm4,016 cm × 25 kN/m³
Blocs de béton creux 20 cm2,7valeur d'usage
Blocs de béton creux 15 cm2,0valeur d'usage
Blocs de terre cuite 20 cm2,5valeur d'usage
Cloison fixe légère0,5valeur d'usage

Les planchers sont donnés finis, revêtement compris. Les parois verticales sont exprimées par m² de paroi : leur poids se calcule en multipliant par la hauteur et la longueur de mur reprises. Une dalle alvéolée préfabriquée (le « hourdis » des fabricants) est plus lourde qu'un plancher à poutrains et entrevous : reprenez son poids dans la fiche du fabricant.

Réductions, majorations et points de vigilance

Dégression des charges d'exploitation : ce que permet l'ANB belge

Lorsque plusieurs étages chargent le même porteur, la probabilité que tous soient simultanément chargés à leur valeur caractéristique diminue. La NBN EN 1991-1-1 en tire, à la clause 6.3.1.2(11), un coefficient de réduction αn pour les poteaux et les murs, que l'ANB belge applique aux catégories A à D :

Coefficient de dégression — NBN EN 1991-1-1 + ANB

αn =
2 + (n − 2) × ψ0n

αn : coefficient appliqué aux charges d'exploitation cumulées d'une catégorie · n : nombre d'étages de cette catégorie au-dessus de l'élément, avec n > 2 · ψ0 = 0,7 : coefficient d'accompagnement de la NBN EN 1990 + ANB pour les catégories A à D

αn selon le nombre d'étages (catégories A à D)

Étages nαn
30,90
40,85
50,82
60,80
80,78
100,76
150,74
≥ 200,73

Valeurs arrondies au centième, comme dans la fiche de l'ANB.

αA selon l'aire chargée (planchers, poutres)

A (m²)Catégories A, BCatégories C, D
201,001,00
500,700,70
1000,600,60
2000,550,60
10000,510,60

αA = 5/7·ψ0 + A0/A ≤ 1, avec A0 = 10 m² ; au moins 0,6 en catégories C et D.

L'outil applique αn si vous activez l'option « Dégression αn » : pour chaque catégorie, n compte les étages de cette catégorie situés au-dessus de l'élément, et le tableau de l'ANB s'arrête à 0,73 à partir de 20 étages. Les toitures, les escaliers, les balcons, le stockage (E) et les parkings (F) ne sont pas réduits. Sans l'option, le résultat reste du côté de la sécurité.

Le second coefficient de l'ANB, αA, dépend de l'aire chargée A. La fiche le réserve aux planchers et aux toitures, αn aux poteaux et aux murs : l'outil, qui calcule l'effort dans un poteau ou un mur, n'applique donc pas αA. Le tableau ci-dessus sert au dimensionnement du plancher ou de la poutre qui porte cette aire.

Continuité des planchers : les appuis intérieurs reprennent davantage

La descente par surfaces d'influence suppose des planchers sur appuis simples. En réalité, la continuité des dalles et des poutres reporte davantage de charge sur les appuis intérieurs. Sur une poutre continue chargée uniformément, l'appui central reçoit 1,25 fois la charge déduite des mi-portées quand il y a deux travées égales ; avec trois travées égales, le premier appui intérieur en reçoit 1,10 fois. L'outil n'applique pas cet effet : le champ « G complément » permet de l'intégrer lorsque le projet le justifie.

Cloisons fixes et cloisons mobiles

La distinction est souvent négligée et change la ligne du tableau. Une cloison fixe est un poids propre : elle entre dans G, et son poids se calcule comme celui d'un mur. Les cloisons mobiles légères, en revanche, relèvent de la clause 6.3.1.2(8) de la NBN EN 1991-1-1 : elles sont représentées par une charge uniformément répartie ajoutée aux charges d'exploitation, à condition que le plancher permette une répartition latérale des charges.

Neige, vent et autres actions

La descente de charges gravitaire ne couvre pas tout. La neige (NBN EN 1991-1-3 et son ANB) vaut 0,5 kN/m² au sol jusqu'à 100 m d'altitude, soit 0,4 kN/m² sur une toiture plate ; elle augmente avec l'altitude. L'EN 1991-1-1 n'impose pas de la cumuler avec la charge d'entretien d'une toiture H : on retient la plus grande des deux. Le vent (NBN EN 1991-1-4 et son ANB) génère des efforts horizontaux et du soulèvement, qui font l'objet d'une vérification de contreventement séparée. Lorsque plusieurs actions variables coexistent, la combinaison 6.10 retient l'une comme action dominante et affecte les autres de leur coefficient ψ0. Pour un bâtiment courant à étages, l'exploitation domine presque toujours en pied ; la neige ne devient dimensionnante que pour les porteurs sous toiture de grande surface ou en altitude.

Comment ce calcul est vérifié

Le moteur de cet outil est couvert par une suite de 34 tests automatisés construite sur des références extérieures — l'annexe nationale belge et ses fiches de synthèse —, et non sur ses propres sorties.

  • Les charges d'exploitation sont celles de l'annexe nationale belge. Les valeurs de la fiche Eurocode du CSTC et du NBN sont reprises catégorie par catégorie : logements, escaliers, balcons, bureaux, salles, commerces, stockage et parkings. La règle de la toiture inaccessible, fonction de l'aire et de la pente, est réécrite à part et vérifiée sur neuf cas, sans écart.
  • Les poids propres se recalculent sans l'outil. Chaque dalle pleine et chaque voile du catalogue est comparé au produit de son épaisseur par 25 kN/m³, le poids volumique du béton armé donné à l'annexe A de la NBN EN 1991-1-1. Une dalle de 20 cm doit peser 5,0 kN/m², un voile de 16 cm 4,0 kN/m² : l'écart admis est nul.
  • Les tableaux publiés sur cette page sont produits par le moteur lui-même. Charges d'exploitation, coefficients αn et αA, exemple résolu : rien n'est recopié. Le tableau αn coïncide avec celui de la fiche au centième près, l'arrondi de la fiche.
  • L'exemple du poteau central R+4 est recalculé hors du moteur, niveau par niveau, avec et sans dégression αn. Les combinaisons 1,35·G + 1,5·Q et G + Q sont réécrites indépendamment et vérifiées sur chaque ligne du tableau, pas seulement sur le total.
  • Un ancien calcul ou une saisie dégradée ne produit jamais de résultat trompeur. Un calcul enregistré avant la version belge se recharge avec les valeurs belges. Champ vide, texte à la place d'un nombre, catégorie inconnue, pente absurde : le calcul retourne zéro, jamais NaN ni valeur négative.

Références

  • NBN EN 1991-1-1:2002 et NBN EN 1991-1-1-ANB:2005 — Eurocode 1, Actions sur les structures, Partie 1-1 : poids volumiques, poids propres, charges d'exploitation des bâtiments. Source des catégories d'usage (§ 6.3), des cloisons mobiles (6.3.1.2(8)), des coefficients αA et αn (6.3.1.2(10) et (11)) et des poids volumiques (annexe A, tableau A.1 : 24 kN/m³ pour le béton de granulats normaux, majoré de 1 kN/m³ au titre des armatures). Valeurs de l'ANB lues dans la fiche Eurocode EN 1991-1-1 du CSTC et du NBN (décembre 2015).
  • NBN EN 1990:2002 + A1:2006 et NBN EN 1990-ANB:2013 — Eurocode 0, Bases de calcul des structures. Combinaison fondamentale à l'ELU (équation 6.10), combinaison caractéristique à l'ELS, γG = 1,35, γQ = 1,50 et ψ0 = 0,7 pour les catégories A à D : fiche Eurocode EN 1990 du CSTC et du NBN (août 2014).
  • NBN EN 1991-1-3:2003 + A1:2015 et NBN EN 1991-1-3-ANB:2007 (neige) et NBN EN 1991-1-4:2005 + A1:2010 et NBN EN 1991-1-4-ANB:2010 (vent) — actions climatiques, non intégrées automatiquement à cette descente gravitaire : fiche neige (février 2008) et fiche vent (avril 2012) du CSTC et du NBN.
  • Buildwise, Liste d'Eurocodes (éditions des normes NBN EN et de leurs ANB) (27 septembre 2018) — éditions des normes NBN EN et de leurs annexes nationales citées ci-dessus : liste_eurocodes.pdf.

Questions Fréquentes (FAQ)

La descente de charges consiste à cumuler, niveau par niveau et du haut vers le bas, toutes les charges permanentes (G) et d'exploitation (Q) qui transitent par un élément porteur vertical : mur, voile ou poteau. Elle aboutit à l'effort normal N_Ed en pied de l'élément, donnée d'entrée indispensable pour dimensionner les poteaux, les voiles et les fondations. C'est la toute première étape de tout calcul de structure.

La surface d'influence (aussi appelée surface tributaire ou surface afférente) est l'aire de plancher que l'élément porteur reprend, délimitée par les mi-portées des dalles adjacentes. Pour un poteau intérieur d'une trame régulière Lx × Ly, elle vaut exactement Lx × Ly : les demi-portées de part et d'autre reconstituent une trame entière. Un poteau de rive n'en reprend que la moitié, un poteau d'angle le quart.

Pour un mur porteur de longueur L entre deux dalles de portées Lx1 et Lx2, la surface d'influence vaut L × (Lx1 + Lx2)/2. Un bon contrôle : la somme des surfaces d'influence de tous les porteurs d'un niveau doit redonner la surface totale du plancher.

En Belgique, les valeurs sont celles de la NBN EN 1991-1-1 et de son annexe nationale (ANB), reprises par la fiche Eurocode du CSTC et du NBN. Planchers de logement (catégorie A) : 2,0 kN/m². Escaliers : 3,0 kN/m² et balcons : 4,0 kN/m², pour les catégories A, B et C1. Bureaux (catégorie B) : 3,0 kN/m². Commerces (D1, D2) : 5,0 kN/m². Stockage (E1) : au moins 7,5 kN/m².

Ces valeurs dépassent celles de l'annexe nationale française (1,5 kN/m² pour le logement, 2,5 pour les bureaux) : une feuille de calcul française sous-estime la charge d'un projet belge.

À l'ELU fondamental (NBN EN 1990 et son ANB, équation 6.10) : N_Ed = 1,35·G + 1,5·Q, valeur utilisée pour le ferraillage des poteaux, voiles et semelles. À l'ELS caractéristique : N_ser = G + Q, valeur utilisée pour vérifier la contrainte transmise au sol sous les fondations. L'ANB admet aussi le couple d'équations 6.10a et 6.10b, mais le coefficient réducteur ξ = 0,85 n'y est permis que si le coefficient de variation du poids propre reste sous 10 % : l'outil retient 6.10. Il calcule les deux combinaisons à chaque niveau, ce qui permet de lire l'effort à n'importe quel étage et pas seulement en pied.

Oui. Pour un poteau ou un mur qui reprend plus de deux étages d'une même catégorie (A à D), la NBN EN 1991-1-1 et son ANB autorisent le coefficient αn = (2 + (n − 2)·ψ0)/n, avec ψ0 = 0,7 : 0,90 pour 3 étages, 0,85 pour 4, 0,80 pour 6 et 0,73 à partir de 20. L'outil l'applique si vous activez l'option « Dégression αn » ; sinon, il prend les charges pleines, du côté de la sécurité.

Le coefficient αA, qui dépend de l'aire chargée, sert au calcul des planchers, des poutres et des toitures : l'outil ne l'applique pas à un poteau ou à un mur.

La neige (NBN EN 1991-1-3 et son ANB) vaut 0,5 kN/m² au sol jusqu'à 100 m d'altitude, un peu plus au-delà ; sur une toiture plate, cela donne 0,4 kN/m². L'EN 1991-1-1 n'impose pas de cumuler la charge d'entretien d'une toiture inaccessible (catégorie H) avec la neige ou le vent : retenez la plus grande des deux. L'outil ne calcule pas la neige. Si elle dépasse la charge H (grande surface d'influence, altitude), ajoutez l'écart au niveau de toiture dans le champ « G complément », multiplié par 1,11 pour garder le coefficient 1,5 d'une action variable à l'ELU.

Le vent (NBN EN 1991-1-4 et son ANB) produit surtout des efforts horizontaux et du soulèvement en toiture : sa composante verticale descendante est généralement négligeable dans une descente gravitaire courante.

L'effort en pied affiché par l'outil est un effort total en kN sur la longueur de mur saisie. Il convient directement pour un poteau ou une semelle isolée reprenant ce tronçon. Pour dimensionner une semelle filante ou vérifier un voile, divisez N_Ed par la longueur de mur reprise pour obtenir un effort linéique en kN/ml. Saisir une longueur de mur de 1,00 m revient d'ailleurs à travailler directement au mètre linéaire.

Cela dépend de leur nature. Une cloison fixe, maçonnée ou montée sur une trame définitive, est un poids propre : elle relève des charges permanentes G, et son poids se calcule comme celui d'un mur (poids surfacique × hauteur × longueur).

Les cloisons mobiles légères, elles, relèvent de la clause 6.3.1.2(8) de la NBN EN 1991-1-1 : elles sont représentées par une charge uniformément répartie ajoutée aux charges d'exploitation, à condition que le plancher permette une répartition latérale des charges.

Un tableur reste utile pour un bâtiment atypique ou pour un enchaînement de calculs très spécifique. Pour une descente courante, il a deux inconvénients : les valeurs de charges y sont figées au moment où la feuille a été construite — beaucoup de feuilles qui circulent portent les valeurs d'une autre annexe nationale, souvent la française, plus basse pour le logement et les bureaux — et une formule recopiée d'une ligne à l'autre est une source d'erreur difficile à repérer.

Cet outil applique le même déroulé, avec les valeurs de l'annexe nationale belge et un cumul recalculé à chaque saisie ; le résultat s'exporte en note de calcul et se transmet directement aux outils de dimensionnement de poteau et de semelle.